[Clip] Saïkaly – Je ne me souviens de rien

C’est au cœur de la mémoire que l’on retrouve Saïkaly, victime puis héros d’une renaissance passant autant par la souffrance que par la la délivrance.

crédit : Arsène Chabrier

« Je ne me souviens de rien » est un choc. Viscéral, visuel, émotionnel. Une lecture à vif du coma, du trauma et de ses conséquences. Le chanteur, seul, cherche à se souvenir et emprunte les chemins de traverse, les ramifications d’un cerveau dont les connexions neuronales sont abîmées, usées, viciées par la maladie de l’âme et les tourments de la passion. À la question « Qui suis-je ? », Saïkaly ne répond pas. Il expérimente. Il regarde des visages qui n’en sont plus, des formes floues qui font écho aux grands espaces vides qu’il explore. La solitude, écrasante, mouvante, se bat contre la pureté mélodique et lumineuse de la voix et des instruments. Les plans larges, sublimes, du réalisateur Arsène Chabrier percutent l’intimisme de cadres trop serrés, trop étriqués pour permettre de se rappeler qui l’on est. Chacun de nous a vécu ce flottement, ce désespoir, cette désincarnation. Les deux artistes, main dans la main, s’y confrontent, avec humilité et courage.

La vie elle-même n’est plus rien face au destin, à l’inexorabilité du moment tant redouté et accueilli, finalement, à bras ouverts. Les lieux emplis d’air, d’odeurs, de sons, effacent les rebords toujours étroits d’images qui ne sont, finalement, que des réminiscences éphémères. Le souvenir est la seule issue possible ; la transmission d’une présence, d’un être. La réincarnation, par l’autre, de soi. « Je ne me souviens de rien » est une tragédie tant réaliste qu’onirique du paraître. Alors que les notes et l’ultime cri du chanteur résonnent encore, sa place dans nos convictions demeure et restera ancrée, très longtemps encore. C’est tout ce qui compte.


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