[Interview] Ruben

Ruben est un projet inattendu et impromptu, victime heureuse d’un hasard qui a provoqué la rencontre de deux musiciens rennais bien connus des radars de la pop et du rock français : Florian Mona et Yann Chéhu, leader de Success. Rencontre avec ce nouvel étendard de la pop électronique made in Breizh, avant son concert le samedi 5 décembre prochain à l’Étage, dans le cadre des 37e Rencontres Trans Musicales de Rennes.

crédit : Claire Huteau
crédit : Claire Huteau
  • Parlez-moi de la genèse de ce nouveau projet. Vous êtes tous deux Rennais ; c’était votre première collaboration, ou l’envie de collaborer sur un projet commun vous démangeait depuis quelque temps déjà ?

Nous ne nous connaissions pas vraiment. En 2013, alors que nous sommes tous deux en tournée avec nos projets respectifs, Florian Mona et Success, nous faisons connaissance au Québec, assez drôle puisque nous sommes tous deux Rennais, pendant l’excellent festival du FME. Nous parlons alors beaucoup de musique et nous nous trouvons beaucoup de goûts communs. Nous abordons très vite l’idée de travailler ensemble prochainement sur un nouveau projet. Quelques mois plus tard, nous passons à l’acte en nous organisant des séances de travail sans vraiment savoir vers où nous allions.

  • Vos projets respectifs sont toujours d’actualité : quelle place accordez-vous à cette nouvelle collaboration ?

Oui, nos projets respectifs sont toujours d’actualité et ont toujours une grande place dans nos vies. Celui-ci s’ajoute aux autres ; c’est une expérience en plus que nous menons de front. Ce n’est qu’une question d’organisation. Beaucoup d’artistes travaillent sur plusieurs projets à la fois. Les créations se nourrissent les unes les autres. C’est excitant.

  • Il y a une vraie part de mystère dans vos compositions : des mélodies expérimentales, totalement bricolées, évoquant autant un electronica hyper dépouillé qu’une fraîcheur indie pop capable d’illustrer un film de science-fiction. Autant dire que le résultat peut nous sembler bien barré. Alors, c’est quoi Ruben, finalement ?

Ruben, c’est un espace de jeux et d’expérimentations sans limite. Mélange de bricolages, collages, accidents ; d’analogique, d’électronique et de beaucoup d’émotions. Et oui, nous voyons notre musique comme une BO. Ça a d’ailleurs été une de nos premières motivations : créer de la musique pour l’image.

  • Sans être un projet totalement instrumental, Ruben n’est pas non plus un projet à textes : vous détacher du poids des mots pour livrer une musique libre de sens, c’était un peu le but de cette collaboration ? Le vivez-vous comme une libération ou une frustration (volontaire) ?

Nous voulons juste laisser parler le son et l’image en nous mettant totalement en retrait, donc sans chant, et en nous permettant des explorations sonores dans des domaines que nous ne pouvons aborder dans nos projets respectifs.

  • On a pu découvrir, pour l’instant, deux pistes de votre projet : « Comme une évidence » et « Instants choisis ». Et on ne sait finalement pas où tout ça va nous emmener : quelle est donc la destination ?

Inconnue ! (rires)

  • La batterie est très marquée chez Ruben : comment vous répartissez-vous le jeu au sein du projet ?

Les batteries ont été réalisées par Éric Pifeteau, batteur des French Cowboy, qui a enregistré ses patterns avec un téléphone portable. C’était une expérimentation, une fois de plus. Cela donne un son très typé. Sur scène, nous envoyons les matières sonores avec des machines, les sons sont découpés, déformés, mélangés à des interférences de vieilles radios, des sons de guitares, des effets, etc. Nous nous répartissons le travail en fonction de notre feeling, avec les instruments ou les machines que l’on utilise. Sinon, nous faisons tout ensemble, à deux. Parfois, nous ne savons même plus qui a fait quoi.

  • Votre premier album, « La Chambre d’Échos », est prévu pour début 2016. Est-il déjà maquetté, enregistré ?

L’album est enregistré, mixé et masterisé. Nous prévoyons une sortie au printemps 2016.

crédit : Claire Huteau
crédit : Claire Huteau
  • Vous serez en concert dans le cadre de la 37e édition des Trans Musicales de Rennes, le samedi 5 décembre prochain, à l’Étage. Quelle approche envisagez-vous pour vos titres en live ? Et pourquoi ne faut-il pas vous manquer ?

Le son est très prenant ; nous nous permettons une réinterprétation pour le live, bien sûr. Parfois, nous changeons les tempos, nous travaillons la matière différemment tout en gardant l’essence des morceaux, et des images sont projetées sur huit modules en forme de flèches disposés sur la scène. On ne nous voit quasiment pas. L’expérience peut-être très déstabilisante. Il ne faut pas nous manquer, car vous n’avez jamais rien vu de pareil ! (rires)


Et découvrez en avant-première le clip « Comme une évidence » extrait de ce premier album !


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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques