[Découverte] Romskip

Les cinq musiciens de Romskip (soit vaisseau spatial en norvégien) ont récemment attiré notre attention suite à une performance live courte, mais efficace, où s’est pressée au premier rang, paroles aux lèvres, une foule joyeuse et hétéroclite. Fait assez marquant pour être souligné, car à Bergen, rares sont les concerts rock qui rassemblent tant d’auditeurs différents prêts à dépasser leur réserve. Vous vous demandez sans doute comment un obscur groupe norvégien pourrait vous toucher, vous lecteur français ! Et puis d’ailleurs, qui sont ces musiciens ? 

L’histoire du groupe n’est pas si extraordinaire en soi, tout part de la rencontre au skatepark local entre Nicolai et Adam. S’en suivent des jams, puis chaque musicien rejoint le début de formation et finalement les cinq membres décident de former officiellement Romskip. Certains apprennent à jouer sur le tas, d’autres améliorent leur performance et les morceaux sont composés petit à petit au fil des idées de chacun. Ce qui frappe chez Romskip, c’est le clavier qui fuse, parfois proche du psyché comme en témoigne « Aliens », les rythmes accrocheurs, mais surtout le chant vif et presque rêche. Les mots sont plus vigoureusement lancés que délicatement formulés, cela s’explique notamment par l’emploi d’un langage commun. La prose urbaine du groupe traite de l’ennui, de l’amour, d’un sentiment de différence et offre une place importante au dialecte local.

Ce groupe qui aime à se définir comme « a band from the street » oscille entre la fierté de leur ville, puisque seul un public bergenois peut saisir l’entièreté des paroles, et la morosité qui peut s’en émaner. Cette poésie du quotidien confère bien sûr une remarquable efficacité aux titres et met en lumière l’urgence qui les anime. Même les chansons les plus dépouillées, pensons à « Ser på Deg », reflètent ce besoin de viser juste, de frapper l’auditeur du premier coup. La colère et peut-être l’impatience se muent et explosent de façon pratiquement viscérale sur scène, mais aussi en studio. La simple écoute de l’EP « 05 » se révèle troublante. Cette boule d’énergie palpitante a su être transmise au-delà de la rencontre physique et de la compréhension même de la langue. Alors certes on pourrait penser que les imperfections et la soudaineté présentes font de Romskip un groupe punk, ou définitivement grunge, mais on ne peut classer ce groupe, car finalement aucun titre ne se ressemble. Dans un même morceau, plusieurs influences surviennent et, au final, on ne reconnait que la pâte des cinq Norvégiens.

Ajoutons que nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque le groupe annonce sortir un EP en janvier 2020 « Le plus punk que nous ayons fait, on critique la société de façon désinvolte et très colérique » selon Adam, « alcoolisé » souligne Thuen et souhaite enregistrer un premier disque prochainement. Qu’attendez-vous ? Sautez donc dans le premier véhicule venu, direction Bergen !


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