[Single] Rhododendron – Forêt noire

Avec les mesures de distanciation sociale, Marine Noël ne peut pas encore accéder au studio pour les dernières finitions de son EP. Peu importe, elle a quand même décidé pour notre plus grand plaisir de lancer son projet Rhododendron le 4 mai dernier.

crédit : Marine Noël

Avec « Forêt noire », la nouvelle autrice-compositrice-interprète montréalaise Rhododendron dévoile d’entrée de jeu qu’il faudra bien tendre l’oreille au moment de la sortie de son premier opus. Elle cite comme sources d’inspiration pour son projet : Jessica Pratt, Françoise Hardy, Francis Cabrel, Joni Mitchell, Robbie Basho, Angel Olsen, Alice Phoebe Lou et Nick Drake. Au-delà de ces références, l’écoute du titre, avec le choix épuré guitare-voix, se suffit à elle-même pour commencer à nous faire saliver.

L’espace de 3 minutes et 21 secondes, le temps se fige autour de nous. Avec la voix diaphane et le folk irrésistiblement rétro de Marine, on a comme l’impression d’ouvrir une vieille boîte à photos oubliée dans le fond d’un grenier. En l’entendant, on pense tout d’abord à Mossy Davidson, chanteuse folk des seventies venant de l’Alaska et dont le rapport mélancolique à la nature habitait toutes les chansons. Le calme de la mémoire retrouvée s’installe tout autour de nous. Une fois la poussière soulevée, le texte de Marine a tout ce qu’il faut de cryptique pour évoquer en chacun certains de nos souvenirs de vacances en pleine nature. Pour Marine, c’est une nuit orageuse pendant un trek en Allemagne qui a servi l’inspiration. Elle ne pouvait pas se précipiter dans la forêt noire qu’elle aime tant pour s’abriter. Dans ce souvenir conservé en tirage argentique, on trouve autant la crainte de la foudre que la nostalgie d’une nature bien éloignée désormais.

Doctorante en littérature, Marine nous coupe le souffle avec la grande délicatesse de ses trois premiers couplets : « ma forêt noire / je me fonds en toi / ta nuit s’enroule sur ma tête / je m’y enfonce, m’y enfuis / hérons hirondelles nus / mon cœur ne voyait plus / le souffle tremble d’une biche hésitante / réchauffe le plis / de la toile de ma tente ». Notre respiration poursuit cette délicieuse pause avec le cinquième couplet : « faut-il encore que l’on s’aime / pour que tu accueilles mon lit ? / j’entends gronder tes tonnerres / à quelques cimes de mon être ».

Depuis la sortie de cette chanson, notre hâte de voir les petites salles de concert rouvrir pour aller au lancement de Rhododendron et la découvrir, enfin, sur scène s’est mille fois démultipliée. On patientera sagement avec une petite mixtape de confinement que Marine sortira très bientôt.

crédit : Juliette Discala-Blondeau

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