[Clip] [Exclusivité] Raymonde Howard – Harsh Love

Annonciateur d’un troisième album, « S.W.E.A.T », prévu pour le 9 juin prochain, « Harsh Love » de Raymonde Howard nous invite à une errance entre nature et innocence, portée par une musique à la fois sèche et profonde. Avec cette impression prégnante d’assister à l’illustration sonore d’un film muet oublié depuis longtemps, mais reprenant ici toute sa valeur picturale et mélodique.

Une boucle de guitare, des images contrastées dans des teintes grises et sobres, puis deux enfants qui sortent d’une brume irréelle et mystérieuse. L’introduction de « Harsh Love », nouveau titre de l’artiste stéphanoise Raymonde Howard, est calme, suspendue à la marche de ces deux figures infantiles, à leurs découvertes sous les pierres de vers et de microcosmes que chacun de nous, à leur âge, a aimé voir et toucher. Et pourtant, en l’espace de quelques secondes, tout bascule. La chanson s’emballe alors que nos deux héros découvrent, au milieu d’un lac, un corps féminin qui semble immobile. Est-elle morte ou se laisse-t-elle porter par le courant ? On ne le saura jamais vraiment, malgré une vision finale en couleurs qui laisse augurer du pire. Mais le court-métrage est avant tout onirique, n’offrant aucune réponse et laissant chacun imaginer les actions ayant conduit à cet instant crucial, alors que la première image du film prend tout son sens.

La réalisation de Jean-Antoine Raveyre erre entre le rêve, le non-dit et la poésie. Car les contours féminins que l’on devine lors de plans aquatiques subtils et brefs, ces mains passivement ballottées par le flux liquide et pourtant si vivantes, ne sombrent jamais dans une vision morbide ou condescendante. Au contraire, l’ambiguïté, autant harmonique (la chanson monte en tension latente au fur et à mesure du déroulement de l’action) que picturale, transforme un spectacle en apparence troublant en véritable instant de plénitude, à l’intensité émotionnelle poignante. Suggérer plutôt que montrer ; « Harsh Love » y parvient avec une force et une passion peu communes, rencontre de deux arts à leur paroxysme.


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