[Live] Le Printemps de Bourges 2015 – dimanche 26 avril

C’est sous des pluies éparses, mais persistantes que nous avons rendez-vous avec deux grands groupes diamétralement opposés, dont les sets sont entrecoupés de découvertes moins intéressantes, mais qu’il convient tout de même d’évoquer.

Balthazar par Fred Lombard

Difficile de parvenir à trouver sa place en ce jour dominical à Bourges ; malgré les aléas climatiques, le public est venu en masse se délecter d’artistes orientés principalement vers la world music, mais aussi le rock et le rap, pour un troisième jour aussi diversifié que ses prédécesseurs. Parmi toutes ces invitations au voyage, deux concerts sortent du lot et charrient leurs bonheurs coupables et intenses, aussi bien sonores que visuels.

Comme la veille avec Ben Mazué, nous avons rendez-vous au somptueux théâtre Jacques Cœur pour venir constater ce que Balthazar peut encore démontrer peu de temps après la sortie de son nouvel album. Afin de les introduire, l’artiste français Perez foule les planches pour offrir à un public impatient ses œuvres particulières et originales.

Perez par Fred Lombard

Il convient de dire que les morceaux, intenses sur disque, perdent de leur valeur évocatrice sur scène, le format se prêtant difficilement aux pérégrinations musicales de l’auteur-compositeur. Soyons cependant certains que le rythme montera en puissance au fil des expériences pour ce projet qui est loin de manquer de charme et d’intérêt.

Les Flamands de Balthazar entrent pratiquement sans crier gare, démarrant en trombe et nous laissant tout de suite prendre nos repères dès les premiers titres de leur nouvel opus, qui fédèrent immédiatement dans un dialogue entre violon, guitare et batterie ; le tout bâtissant le support parfait pour accueillir en douceur et profondeur les harmonies vocales toujours superbes du quintet.

Balthazar par Fred Lombard

Dans un décor sobre aux lumières judicieuses, le groupe disperse ses mélodies comme autant de gouttes de rosée mélancoliques, alors que leur fausse nonchalance s’efface au profit d’une présence scénique impeccable. On touche au sublime en goûtant aux saveurs magnifiques de la fin a cappella de « True Love », aux arrangements subtils de « Fifteen Floors » ou aux déplacements ininterrompus de chaque membre tout au long de la scène. Un set renversant et émouvant, prouvant si besoin est que Balthazar mérite largement sa renommée mondiale, tant leur performance relève tout simplement du génie. Inoubliable.

Arrêtons-nous quelques instants sur Groundation, projet reggae présent ici sur la grande scène du W, mais n’offrant malheureusement rien de nouveau sous le soleil de la Jamaïque. Dommage, surtout au vu du potentiel de l’entité ; mention spéciale aux deux choristes, dont le timbre est un spectacle vibrant et vivant à lui seul. Espérons que leur talent trouvera une vigueur plus intense dans les années à venir. Ils le peuvent et vont sûrement y parvenir.

Public W par Fred Lombard

Quelques instants de répit avant la bombe funk de la soirée : Deluxe. Les Marseillais, tout en paillettes et costumes presque extraterrestres et chatoyants, disséminent aux quatre coins de la salle des mines d’or rythmées et addictives au possible. Ça bouge, ça se trémousse et ça transpire l’honnêteté et la passion du contact avec le public, entre rap et soul, cuivres et beats pulsés et électrisants. Les spectateurs ne s’y sont pas trompés, évoluant et sautant au gré des invocations à l’extase de chaque membre du collectif, frôlant même l’hystérie devant les chorégraphies frénétiques de Liliboy, ininterrompues et sensuelles tout en gardant ce semblant de folie qui laisse sans voix.

Deluxe par Fred Lombard

Deluxe est une solution radicale à la morosité quotidienne, de celles qui mettent immédiatement un sourire sur toutes les lèvres et invitent à danser jusqu’au bout de la nuit. Que l’on soit sobre ou non ; et force est de constater que les vapeurs de plaisirs interdits surplombent la fosse et feraient tripper même le plus averti des opposants anti-fumette. Mais qu’importe, le show est somptueux et essentiel, et restera longtemps gravé dans nos mémoires. On ne se lasse pas de prestations aussi furieuses que celle qu’il nous a été donné d’admirer en pleine nuit, sous la pluie, mais au milieu d’une chaleur agréable et brûlante.

La programmation de ce dimanche nous aura, au final, fait oublier les caprices des nuages bas et apporté une dose excitante de soleil dans la tourmente. On en redemande, et vite !


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