[Clip] [Exclusivité] Pretty Inside – Deeper

Nouvelle incarnation du romantisme grunge et de l’hédonisme indie rock hexagonal, Pretty Inside déboule avec un premier titre « Deeper » extatique et libérateur, loin de n’être que la simple expression nostalgique « nineties ». Un bonheur n’arrivant jamais seul, le groupe s’illustre de manière totalement décomplexée dans un clip décalé et plein d’esprit, à l’humeur créative DIY, à découvrir en exclusivité sur indiemusic.

En cherchant bien, force est de constater que Pretty Inside est l’une de ces nouvelles petites merveilles de la scène indie bordelaise, symbolisé par le collectif bordelais Flippin’ Freaks, survolant de près ou de loin, une nébuleuse de groupes intrépides tels qu’Our Name Is Nobody, Salamander Jive, TH da Freak, Twingo Reverse… Certains détails ne trompent pas en ouverture de ce clip. La frappe simultanée et martelée du tom et de la caisse claire annonce carrément la couleur et surtout l’envie affirmée et furieusement garage de Pretty Inside. À l’écoute de ce morceau revigorant, les saintes écritures des tablettes (en chocolat) de la loi indie, affichent comme des mantras les noms d’inamovibles légendes du rock alternatif américain comme Sebadoh, Pixies, Hüsker Dü, Superchunk, Built To Spill, Sparklehorse… auxquels nous pourrions ajouter une touche australienne avec Noise Addict, le groupe prépubère du génial Ben Lee et ce petit rien de « british » et d’irrévérencieux façon The Wedding Present. Pourtant Pretty Inside, autant dans l’attitude que dans le son, s’inscrit foncièrement dans le présent avec « Deeper », à quelques encablures des géniaux MNNQNS et d’une certaine manière des Toulousains de Cathedrale (même s’il faudrait apporter plus de nuances quant à la matière émotionnelle de leur futur EP), mais aussi pour l’aisance mélodique du délicieux Garciaphone.

Sur la base d’une idée simple, le clip est avant tout marqué par la symbolique d’un accessoire emblématique du théâtre, car un masque prend possession et alternativement de chacun des membres de Pretty Inside. D’une certaine manière, ce postulat de départ reprend avec audace et contrepied un accessoire fondateur de bon nombre de films de genre allant du mythique et allégorique « Phantom of The Opera » de Brian De Palma en passant par « The Strangers », « Star Wars », « Fantômas »… Il y a ainsi quelque chose de foncièrement dérisoire dans ce principe narratif minimaliste, de jubilatoire dans cet artifice visuel naïf, de grand guignol dans ce personnage fantasmé et métaphorique, de schizophrène dans ce tourbillon de sentiments et d’implicites. Source de contrastes et d’une certaine douceur, la voix expressive et angélique du guitariste chanteur et songwriter Alexis peint à merveille le conflit intérieur qui se matérialise dans les différentes scènes. Porté par la mécanique énergique et rythmique, obsessionnelle de ses compagnons (à savoir John à la basse, Lucas à la batterie et Augustin à la deuxième guitare), poussé dans ses retranchements par leurs chœurs agités, il lâche finalement les chevaux… pour mieux reprendre le contrôle quelques instants après. Tout simplement, avec beaucoup d’aplomb, le groupe active le pouvoir libérateur de la musique du diable (un éternel recommencement et sa raison d’être ?) au fur et à mesure de cette envolée post-punk flamboyante au pays du grunge et de la noisy pop. Voilà une parfaite entrée en matière, pour entrouvrir les portes de leur premier EP imminent, sous l’influence décisive du grand Elliott Smith.

« Teargas » (EP) de Pretty Inside, sortie le 30 novembre 2020 chez Flippin’ Freaks Records.


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