[LP] Peter Banane – Judo

Si l’ombre des Strokes plane au-dessus de ces cinq énergumènes, elle n’enlève rien à l’aplomb dont ils font preuve pour se rapprocher de leurs modèles. La passion est ainsi certainement le principal moteur du premier album de Peter Banane, « Judo », qu’il convient d’écouter pour ce qu’il est, un disque cohérent et particulièrement appliqué, à défaut d’être original. 

Le tracklisting s’ouvre tambour battant, sur le très entraînant (mais peut-être un peu facile) « Top Player » qui plante déjà le décor à venir : rythmique enlevée, chœurs en avant, guitares agiles, basse ronflante. Avec Peter Banane, si le rock est avant tout une attitude, il s’appuie ainsi en coulisses sur un savoir-faire musical évident. La comparaison avec la bande à Julian Casablancas est certes inévitable, mais elle doit être considérée au regard de « Is This It » (2001) et surtout « Room On Fire » (2003), à l’époque où les New-Yorkais se tiraient la bourre avec leurs alter-ego londoniens The Libertines (« Up the Bracket », 2002) et se rêvaient eux-mêmes dans la peau de leurs idoles (Ramones, Blondie, Velvet Underground…).

Peter Banane navigue d’ailleurs entre ces deux pôles musicaux transatlantiques avec une aisance assez bluffante pour un jeune groupe, évoquant par exemple la constellation Blur sur « Go Surfin’ » et « Little Drama », voire « Oil Can » (notamment les escapades en solo de Graham Coxon), ou encore une version assagie des New-York Dolls et autres Television sur des morceaux comme « Stupid Lattitude » et « Dead End Panic ». Certaines pistes manquent peut-être parfois un peu de relief, à l’image de « Supervision », malgré son refrain entêtant (« I dont wanna play … »), mais la mayonnaise prend assez vite, et nous nous surprenons à fredonner quelques mélodies en leur compagnie. Le son des Parisiens tient particulièrement aux jeux de guitares complémentaires de Vince et Tom, capables de déclencher de grandes envolées héroïques, l’air de rien, sur « Firecracker », pour mieux revenir dans le tempo et finir le travail de sape en véritables patrons.

Globalement, rien de nouveau sous le soleil ; mais avec « Judo », Peter Banane affiche un tempérament judicieusement décomplexé, mélange de malice et de ludisme, qui devrait sans aucun doute leur ouvrir de nombreuses portes. Toc toc toc, qui est là ?

« Judo » de Peter Banane, disponible depuis le 28 juin 2019.


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