Paul Banks – Banks

Alors même qu’Andy Burrows, batteur des Razorlight s’apprête à sortir son album « Company » le 22 octobre, c’est la même idée qui a germé dans la tête du leader anglais d’Interpol, Paul Banks avec son album solo « Banks ». C’est d’ailleurs de ce dernier dont il va ici être question.

Dès « The Base », l’ombre d’Interpol est visible, même si ce dernier tend d’un point de vue électronique davantage vers un Moby, avec un côté indie pop très plaisant où s’enchainent des ambiances éclectiques déconcertantes mélangeant le symphonique à un rock énergique et pointilleux.

Sur « Banks », l’éclectisme l’emporte, nous laissant parfois profiter d’un titre totalement instrumental (Lisbon) ou d’un titre expérimental où des bribes de voix de médias angoissées se heurtent à une instrumentation acoustique qui devient vite excitée et elle-même menaçante (Another Chance).

Ici, aucun titre n’est vraiment facile d’accès et chacun reflète la noirceur certaine de son auteur. Même si la voix rassurante de Paul Banks est présente sur « No Mistakes », du refrain aux couplets, l’optimisme est aux abonnés absents et le sentiment de paranoïa devient oppressant.

Rares sont les titres avec « The Base » à ne pas fréquenter un obscurantisme quasi total. Il y a certes « Young Again » et « Summertime Is Coming » qui viennent véhiculer un mince espoir d’optimisme dans toute cette noirceur avec des riffs plus dansants, et quelques accès de mélodies, mais c’est loin de faire l’unanimité, cela même au sein de ces derniers.

« Banks » est un album abouti, infiniment complexe, comme les rouages d’une machine d’une autre époque dont on aurait perdu la notice. Un disque gris, triste, mais dont la beauté est bien ailleurs, dans des compositions soignées touchant par moment au romantisme sous ses plus belles formules.

« Banks » de Paul Banks, sortie le 22 octobre chez Matador Records.

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