[LP] Papooz – Green Juice

Les quais se sont vidés de leurs eaux. Les fleuves ont retrouvé leurs lits. Les airs ont connu les orages, de ceux qui tonnent sous les chaleurs. Les mois passent. Les saisons s’installent. Et nous continuons à parler de météo, d’éclaircies et de canicules. Et nous attendons le soleil brûler les sols et nos peaux. Pour l’été 2016, Papooz donne à boire douze titres rafraîchissants et frappés. Antidote aux insolations et à la morosité.

Papooz - Green Juice

« Green Juice » de Papooz se sirote comme une citronnade au bord de la piscine. Avec langueur. Avec nonchalance. Il y a dans ces douze titres quelque chose de la paresse insolente. On y voit le fantasme ou du moins le souvenir d’un Hollywood et de ses stars américaines, bercé par les fêtes ivres et les vagues de l’océan Pacifique. Clairement influencé par la Californie et ses seventies, Papooz livre un premier album estival où se dresse une merveilleuse pop ensoleillée, porteuse de rêves.

Tout aussi vaporeux que dansant, « Green Juice » a l’audace des premiers albums et la maîtrise des suivants. Duo français aux allures américaines, Ulysse Cottin et Armand Penicaut font de la musique une histoire de sensations. Ce sont les déhanchés et les chaleurs qui tournoient dans leur pop effervescente et langoureuse. Papooz use de l’art des mélodies fraîches et futilement entêtantes. Le jazz y est parsemé dessus les compositions comme un rideau de velours tendu à l’arrière de morceaux aux contours bossa nova, aux rages rock et à l’exotisme folk. La guitare navigue entre le vif et la candeur. La basse est purement jouissive. Et les voix sans genre s’entremêlent à l’unisson quand elles ne se répondent pas. Pulsions solaires. Fièvre vitaminée. Alors, cette pop tropicale navigue entre les instants suaves, quasiment érotisants, et les passages plus doux et subtilement mélancoliques.

C’est dans le Sud-Ouest de la France, aux abords d’un Cap-Ferret hivernal, que Papooz est allé enregistrer son premier bijou produit par Ash Workman. Douze titres qui ne sauront pas quitter nos têtes pour le restant de l’été. Douze titres qui seront autant la fièvre que l’antidote. Du nonchalant « Ann Wants to Dance » au plus pur « One of Those Days », qui ne peut que rappeler un rock british qui se joue à Camden, Papooz nous entraîne dans l’ivresse d’une vie. Des joies. Des séductions. Des calmes. Dans le tourbillon de cocktails musicaux à la glace pilée prennent place la voix de Victoria Lafaurie sur « Wanted » et la fougue quand il s’agit de reprendre « Simply Art » d’Arto Lindsay.

Bien sûr, Papooz n’est pas un étranger tombé un soir d’été. Avant, il y a eu un EP très remarqué, un Printemps de Bourges tout autant apprécié, et un clip qui a parcouru les internet. Signé Soko, il donne à voir l’imagerie d’une musique semblant être écrite pour les vidéos amateures d’un fond de plateau cinéma. Jeunes hommes perchés. Jeunes hommes perdus. Un charme gauche transcende les images pop et colorées. À l’image de son vidéo clip, Papooz virevolte entre les références, les impulsions et les contre-pieds. Tornade de kitch et d’insolence. De goût et de légèreté. Les remous prennent les bassins calmes des hôtels avec vue.

« Green Juice » de Papooz est une vague californienne frappant les côtes méditerranéennes et emmenant une insolente nonchalance, une rafraichissante fièvre.

Papooz

« Green Juice » de Papooz est disponible depuis le 3 juin 2016 chez Half Awake.


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