De sa chambre minimale, le duo Overcoats revient à pas de velours pour nous ronronner « Nighttime Hunger », un beau morceau à l’image de son nom : sombre, discret et éperdument délectable.

Il est certain qu’elles ne sont remplies que de bons sentiments. L’écoute fait l’effet d’une gorge serrée et d’une paralysie presque instinctive, comme pour percevoir le moindre bruit du moindre souffle. Une sensation bien connue déjà, et certainement éprouvée avec d’autres voluptés comme The Staves pour l’environnement folk et les chants radieux en canon, et Ibeyi pour l’électro irrésistible et délicate. Un premier EP éponyme sorti en 2015 avait déjà permis aux deux New-Yorkaises de Overcoats, Hana Elion et JJ Mitchell, de traverser l’Atlantique avec des dates londoniennes et une performance au grand Longitude Festival.
Avec « Nighttime Hunger », la frénésie de New-York est comme mise en bocal, tamisée par une combinaison folk/électro minimaliste et sensorielle, enrobée par des voix en canon magnifiquement connectées. Dès lors, il est forcément difficile d’y être insensible, suspendu à cet incroyable refrain très accrocheur, formule qui été déjà bien rodée sur leur premier EP. Leur cheminement bourdonne au fil des strates électro qu’elles déposent en file indienne, sombrement dociles et épurées, formant toute l’ossature rythmique du titre. Une force commune, irrésistible, teintée d’une certaine vulnérabilité qui attise leur énorme sensibilité, celle qu’on espère rencontrer plus souvent dans les bacs d’un disquaire ou bien même au coin d’une rue, charnelle et élancée, élégante et affirmée. Irradiante de séduction, hypnotique, « Nighttime Hunger » pourrait prendre forme humaine que cela ne choquerait personne.

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