À quelques jours de la sortie de leur second album « La Dérive », indiemusic a proposé une interview jetlag à François Larivière, chanteur et parolier du band québécois on a créé UN MONSTRE. L’occasion de revenir sur le parcours du groupe pop-rock de Slam Disques, d’aborder l’évolution du line-up du band et leur éventuelle venue en France pour défendre ce nouveau disque. On vous emmène à Montréal !

- Bonjour on a créé UN MONSTRE. À une semaine de la sortie de votre second album « La Dérive », comment vous sentez-vous ? Prêts à défendre ce disque sur scène ?
On se sent très bien. On a travaillé très fort pour composer cet album. On est donc plus « crinqué » que jamais !
- Je me suis toujours posé cette question, et depuis longtemps déjà ! Qu’est-ce qui vous a amené à nommer votre projet ainsi ?
Un soir trop arrosé! Un des gars du band a sorti l’expression en disant n’importe quoi, et on a niaisé avec ça pendant la soirée. On est resté accroché.
- Avec ce second album, vous passez de quatre à trois musiciens, en vous séparant de votre bassiste, Félix-Antoine. Quels changements cela a-t-il impliqués au niveau de la composition ?
Lorsqu’on était quatre, Félix-Antoine, c’était le modérateur de la gang, celui qui était le plus le plus réfléchi. Il était celui qui pouvait nous raisonner lorsque nous nous emportions pour une raison X. Il est évident qu’il avait une influence sur la création.
Aujourd’hui, à trois, on peut dire que c’est un peu la même chose. Chacun des membres du band a, à sa manière, su combler son départ. Sinon, F-A est un très bon ami à nous ; il est donc toujours dans l’entourage.
- En concert, conservez-vous d’ailleurs cette formation à trois, ou des musiciens vous rejoignent-ils ?
Selon les conditions des concerts, nous avons un de nos bons amis, Charles Robert-Gaudette, qui nous accompagne. On adore jouer autant en trio qu’en quatuor.
- Je vous ai connu dès votre premier EP éponyme en 2009 via MySpace ! Il y avait les pistes « Scaphandre », « Nu sur la piste » et « Pow! Pow! Le loup » notamment. Ces titres, les jouez-vous encore aujourd’hui à quelques occasions ?
Encore aujourd’hui, « Pow! Pow! Le loup » fait toujours partie de notre setlist. Les deux autres pièces, disons que ça fait un petit bout de temps que nous les avons jouées !
- Le public québécois, et plus largement francophone vous a découvert en 2011 avec « L’Iceberg » votre premier album. Avoir signé chez Slam Disques vous a-t-il offert cette visibilité ?
La collaboration avec Slam Disques a certainement joué un rôle important dans l’évolution d’oacUM. Nous, on s’occupe de notre musique; eux, de tout le reste. Beaucoup de choses n’auraient pas été possibles sans leur travail.
- Vos clips sont d’ailleurs réalisés par le patron de Slam Disques, Jessy Fuchs, qui tourne tout ou presque les clips du label. Au-delà de réaliser vos vidéos, quel rôle a-t-il joué dans la réalisation de ce second album ?
Pour la création de cet album, nous avions carte blanche. Jessy nous a fait totalement confiance ; il a plutôt joué le rôle d’approbateur.
- on a créé UN MONSTRE était pour le moment le projet le plus « pop » de Slam Disques. Cela va-t-il changer avec « La Dérive » ?

Je ne crois pas. Même si la compagnie fait preuve de plus en plus d’ouverture en ce qui concerne la musique francophone qu’elle veut mettre de l’avant, notamment en collaborant avec des artistes comme Félix-Antoine Couturier (pop-folk) ou Colectivo (musique du monde), oacUM demeure un groupe de pop-rock assez accessible en général, et ce, même si La dérive constitue un album plus mélo, plus gris, que le précédent.
Or, la plupart des bands sur Slam Disques sont des bands qui « rentrent pas mal dedans » !
- Au-delà de cette étiquette « pop francophone », vos textes sont souvent partagés entre des histoires légères et des sujets plus graves. Parler des bons et des mauvais moments de la vie avec une certaine distance, toujours poétique, cela vous correspond-il ?
Je crois que oui. Pour moi, composer des textes, c’est savoir s’inspirer du quotidien, de ce que vivent les gens, pour sortir le bon ou le méchant, pour les toucher, et pour s’amuser avec les mots.
- D’ailleurs, François, toi qui es le parolier du groupe, quels sujets t’inspirent tes textes ? Qu’est-ce qui t’invite à écrire dans ton quotidien ?
Il est plus facile pour moi d’écrire sur des sujets tristes plutôt que joyeux. Même, souvent, si le sujet est positif, il est probable que je l’aborde d’un angle différent. Je suis comme ça. En tout cas, c’est ma tendance du moment.
Aussi, force est d’admettre que les voyages sont une grande source d’inspiration pour moi. Plusieurs des textes que j’ai écrits sont sortis soit pendant ou après un voyage. Le rush des nouvelles sensations, du dépaysement…

- De « L’Iceberg » à « La Dérive », on retrouve ce rapport au milieu marin, à l’eau plus généralement. Votre groupe est basé, si mes souvenirs sont bons, à Sorel-Tracy, ville située à quelques lieues du fleuve Saint-Laurent, doit-on y voir une source d’inspiration ?
Assurément ! Même si deux des trois membres du groupe ne vivent plus dans la région de Sorel-Tracy, il est clair que l’endroit où nous avons grandi demeure une grande influence pour nous. Par le fait même, évidemment, l’eau l’est aussi ; c’est une richesse pour ce coin de pays qui devrait, à mon avis, en être plus conscient. Cela dit, nous sommes toujours attachés à cette région.
- Sur « Le Vent D’ailleurs » extrait de « L’Iceberg », il y avait un duo au chant (avec qui d’ailleurs ?). « La Dérive » bénéficie-t-il de collaborations avec d’autres projets ?
Sur « Le vent d’ailleurs », je chante avec une talentueuse demoiselle du nom d’Amélie Mandeville.
Sur « La dérive », oui, il y a une ou deux ou trois collaborations : des membres de Cœur de Pirate (via Renaud Bastien, notre ami et réalisateur de l’album) qui sont venus mettre leurs couleurs à notre musique.
- « La Dérive », votre second album sortira le 26 novembre prochain. Ce sera l’occasion d’une release party au Quai des Brumes à Montréal. Avez-vous choisi de jouer l’album dans sa globalité, dans l’ordre des pistes ? Ou allez-vous proposer une rétrospective de votre discographie ?
En fait, le lancement se fera sous forme d’un 5@7 (c’est la tendance depuis quelque temps !) et nous y jouerons 5 ou 6 pièces avant de célébrer le tout.
- Ce nouvel album est illustré par une photographie de Dominik Péloquin. Quelle est sa vision de ce portrait immergé et inquiétant ? Quelle est votre représentation de cette photographie ?
Dominik est un excellent ami à moi, très talentueux. Un jour, je suis tombé sur la photo que l’on retrouve sur la pochette, et il y a de ces fois où, pour exprimer un sentiment, une image réussit à surpasser les mots. C’est pas mal ce qui est arrivé…
- Peut-on faire un parallèle avec le clip de « Le corps est lourd », premier extrait de ce nouvel album ?
Je ne crois pas qu’il y ait un réel lien entre le clip et la pochette, quoique c’est vrai qu’on joue dans la même atmosphère. D’ailleurs, c’est pas mal la ligne qu’on voulait suivre… Quelque chose de plus gris, plus mélo.
« La dérive », c’est le laisser-aller, l’abandon, que l’on s’est permis pour composer un album mélo-pop que l’on espère de qualité.
- Dernière question, vous n’avez pas encore, à ma connaissance, joué en France avec oacUM. La sortie de « La Dérive » vous fait-elle envisager cette question ?

Évidemment, nous en avons discuté avec la Slam équipe. Pour nous, c’est réaliste !
Donc, oui, il serait dans les plans d’aller voir de l’autre côté de l’Atlantique. On croise les doigts !
D’ailleurs, ça serait bien de pouvoir se serrer la pince !
- Merci beaucoup à vous trois et à bientôt pour la sortie de « La Dérive » !
Merci à toi Fred pour tes questions très pertinentes ! Toujours un plaisir de te parler. Good job !
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