Rencontre avec le quintet indie pop rennais Olympia Fields à quelques jours de la sortie de leur second EP « Apollo Cries » le 19 septembre prochain. L’occasion d’aborder leur rapport à la scène, l’enregistrement et la composition des nouveaux titres, ainsi que l’émergence de la scène musicale rennaise en France.

- Bonjour Olympia Fields, vous allez sortir le 19 septembre prochain votre second EP « Apollo Cries ».
Salut !
- Olympia Fields est un groupe d’amis, de potes. Alors un petit tour de l’amitié s’impose pour savoir qui est qui dans le groupe !
Anthony : Anthony, je suis bassiste.
Pierre B : Pierre, je suis chanteur et je fais du synthé.
Pierre Q : Je m’appelle Pierre aussi et je suis guitariste.
Micka : Je m’appelle Micka et je fais des synthés, de la guitare et des chœurs.
Quentin : Moi c’est Quentin et je suis le batteur.
- Pouvez-vous revenir sur votre rencontre, sur la naissance de votre projet commun ? Comment est né Olympia Fields ?
Pierre B : C’est né des cendres d’autres projets rennais dont nous faisions partie. À la suite de leur précédent projet, Anthony, Quentin et Pierre cherchaient un guitariste. Ils ont très vite trouvé Micka puis ont auditionné un chanteur. Je venais alors d’arriver sur Rennes et j’ai répondu à leur annonce. Le contact s’est bien passé et c’était lancé !

- Vous vous qualifiez au sein du groupe comme un projet d’heavy pop. Quelle définition sauriez-vous m’en donner ?
Micka : Qui a dit ça (rire) ?
- J’ai vu ça sur votre Facebook !
Micka : C’est toujours difficile de se définir soi-même. Pop, aujourd’hui, c’est peut-être moins vrai. On n’est d’ailleurs pas franchement partisans de mettre des genres sur ce que l’on fait.
Pierre B : On a du mal à se trouver une catégorie au final. On se dit pop indie alors qu’au final, c’est pas franchement de la pop.
Micka : En live, c’est plutôt rock, sur le cd c’est plutôt pop. C’est assez éclectique finalement. Je crois qu’on pourrait caler un style sur chaque morceau.
- Votre groupe s’est monté sous l’impulsion des Anglais de Wu Lyf, dont l’influence sur votre propre projet se ressentait clairement sur votre précédent EP « Stolen Kiss » sorti en avril 2012. Jusque dans le choix d’un emblème pour vous symboliser.
Olympia Fields : Complètement. En fait, sur le premier EP, vu qu’on venait de différents groupes, on s’est retrouvé sous des influences communes. Petit à petit, chacun a rajouté sa touche.

- Au regard de vos débuts, comment vous situez-vous musicalement aujourd’hui en tant que groupe ? Quelles sont les influences que vous affirmez aujourd’hui ?
Olympia Fields : On essaye de s’en démarquer un maximum. On a toujours des influences comme Foals, mais on évolue naturellement vers notre propre style. On se lâche complètement, sans chercher à ressembler à telle ou telle composition, de tel ou tel groupe.
- Petite parenthèse sur les groupes. C’est déjà arrivé qu’on vous compare à des groupes que vous ne connaissiez pas ?
Olympia Fields : Ouais, au T’es Rock Coco d’Angers, au niveau du chant de Pierre à un projet dont le chanteur avait une voix complètement fausse. On nous a également comparés à un groupe russe qui s’appelle Human Tetris, et il y a eu pas mal de comparaisons à Foals forcément même si ça nous vexe un peu, car on essaye de s’en détacher. Pour Wu Lyf, à part le chant gueulé et quelques grattes et la batterie, on nous a jamais trop associés à eux finalement.
Ce qui est bien au sein du groupe, c’est qu’on a tous des goûts différents, on n’est pas tous dans les mêmes délires musicaux. Certains sont plus électros, d’autres sont plus rock indés et d’autres sont plus psychés même.
Mais on arrive également à se retrouver autour de quelques disques qui sont rassembleurs, qui sont universels pour nous : des cd de Breton ou de Foals par exemple. Mais on les écoute aussi différemment, je pense.
Après, on ne va pas mentir, on a forcément été amené à un moment ou à un autre à se définir, à se cadrer un minimum à l’aide de disques qu’on écoute ensemble.
On a surtout envie de défendre l’idée qu’on laisse chacun dans le groupe s’exprimer et apporter son petit truc. Olympia Fields est un groupe à influences multiples !
- Au sein d’Olympia Fields, quand il s’agit d’écrire des morceaux, comment fonctionnez-vous ?
Olympia Fields : À la base du projet, Micka et Anthony bossaient les pré-prods chez eux, avec un ordinateur. Et en répét, on se calait tous dessus avec les instruments.
Maintenant, depuis le début d’année 2013, on compose à cinq.
Ça prend plus de temps, mais les compos ont plus d’identité, car elles sont davantage le reflet de chacun d’entre nous.

- Vous avez eu l’occasion de préparer la sortie de ce disque à travers quelques dates en amont. Comment avez-vous ressenti l’accueil de ces nouveaux titres de la part du public ?
Olympia Fields : On les a joués bien longtemps avant de les enregistrer. Quand on les a enregistrés, on les avait quasiment toutes dévoilées en live à part peut-être Heroes.
Pour répondre à la question du public, au T’es Rock, c’était vraiment efficace pour le coup, super accueil. Ça dépend du lieu et de la chaleur humaine.
- Finalement, est-ce que les morceaux du premier EP et du second s’harmonisent bien en concert ?
Olympia Fields : Oui, parce que les morceaux du premier EP sont plus « tubesques » tandis que les morceaux du deuxième EP sont plus recherchés. Sur l’ancien EP, on joue encore deux morceaux. Les morceaux phares.
- Quelle sensation ressent-on quand on passe pour la première fois de la salle de répétition à une démonstration publique d’un titre longtemps réservé exclusivement aux proches du groupe ?
Olympia Fields : C’est une peur d’abord, car on ne sait pas si ça va marcher. On a toujours hâte d’arriver à la fin du morceau joué pour savoir si on va recueillir des applaudissements. Il y a une certaine pression d’exécution. On veut jouer à notre meilleur niveau.
- Finalement, j’imagine même que la réaction du public est relativement immédiate.
Olympia Fields : Avec les sensations qu’on a en jouant les morceaux font qu’on sait si ça marche ou pas auprès du public. C’est souvent autour des mêmes chansons que ça va répondre présent dans le public d’ailleurs.
Au bout de deux ou trois concerts, on peut vite déduire ce qui marche ou ne marche pas.
- Un avis : un tube selon vous, ça se construit en live ou plutôt en studio comme en répétition.
Micka : Chacun a son avis là-dessus, mais pour moi, c’est plus un thème dans le morceau qui revient souvent qui fait qu’on a un titre réussi. Pas forcément un tube, mais un titre qui marche bien.
Le gros du travail se fait en studio donc même si après il y a un travail d’adaptation à réaliser en live.
Si le titre est bien composé à la base, ça doit naturellement marcher en live.

- Apollon étant le dieu grec du chant, de la musique et de la poésie et l’Olympe étant le lieu de villégiature des dieux grecs, vous semblez définitivement attaché à la mythologie grecque en ayant nommé votre groupe Olympia Fields et votre nouvel EP « Apollo Cries ». C’est bien le cas, ou alors je fais fausse route ?
Pierre B : On est plutôt attiré par les symboles forts plutôt que par la mythologie en réalité. Notre logo actuel représente d’ailleurs une vierge.
Pour Olympia, on trouvait juste ce mot agréable. C’est finalement un coup du hasard, du moins, ça n’était pas calculé dans ce sens.
- Drôle de coïncidence finalement !
Pierre B : C’est vraiment que les mots sonnaient bien. Ce que j’aime bien avec l’anglais, c’est que je suis beaucoup plus décomplexé. Je peux m’attacher aux mots pour la sonorité. Je vais pouvoir les malaxer plus qu’avec du français où on est davantage obligé de travailler le texte de manière plus élaborée dans le choix des mots. Tu peux dire des choses plus évasives en anglais.
- Vous avez dès lors dévoilé un premier extrait de ce second EP avec « Another Scapegoat ». Vous pouvez m’en parler ?
Pierre B : L’idée centrale est celle de l’échappatoire : partir et tout plaquer. C’est l’histoire de quelqu’un qui du jour au lendemain ne donne plus de nouvelles : « Si je ne donne plus de nouvelles, c’est que j’ai trouvé une autre échappatoire et une autre façon de m’amuser ».
- C’est un peu une quête de la liberté ?
Pierre B : Ouais, c’est la quête intérieure d’une personne qui vit dans un monde qui lui semble trop restrictif.
- Parlons un peu des quatre autres titres de ce nouvel EP « Apollo Cries ». Pouvez-vous me dire quelques mots sur chaque piste ?
Olympia Fields : Déjà, Rainbow Man, c’est une chanson qu’on avait déjà sortie en clip. On l’a réenregistré, on a changé un peu les sons et on l’a personnalisé un peu plus.
Rainy Night, c’est la chanson qui fait le plus tube. Une chanson assez simple et efficace.
Heroes, c’est une chanson assez calme avec un instrumental-chœur bien planant au début. Pas une reprise de Bowie (rire). On l’a complètement composé en stud’.
Apollo Cries, c’est la chanson qu’on va mettre le plus en avant sur cet EP : dansante et collective.
Après, l’EP n’est pas particulièrement uniforme, les chansons ne se ressemblent pas beaucoup en soit.

- Au final, les cinq pistes de votre EP défendent-elles plutôt une même ligne directrice, construisent-ils une même histoire, ou sont-ils plutôt des électrons libres, des titres qu’on peut écouter distinctement les uns des autres ?
Pierre B : Il y a une cohérence entre les morceaux, mais en effet, chaque titre a son propre univers.
Je considère un EP comme ça : il faut montrer toutes les façades de la personnalité d’un groupe.
- Il y a quand même une petite recherche de cohérence, j’imagine ?
Olympia Fields : Oui, on retrouve quand même une uniformité dans les sons.
- Ce disque « Apollo Cries », où l’avez-vous enregistré et avec qui ?
Olympia Fields : Avec Monsieur Clément Champigny, notre ingénieur du son avec qui on a également travaillé les compos et les arrangements en pré-prod.
On l’a enregistré dans différents endroits sur Rennes, notamment au studio Mobidule, un studio son mobile.
- Avec The 1969 Club, Kids of Maths et LYS – entre autres – vous faites aujourd’hui partie des groupes montants de la vaste scène indie-rock rennaise. Ressentez-vous à votre niveau cette « montée en force, en puissance » de la scène musicale rock rennaise ?
Olympia Fields : Il y a pas mal de monde à Rennes qui est déjà monté. Il y a une ouverture pour la nouvelle génération.
On a de la chance finalement d’être rennais. Je pense qu’on fait confiance aux groupes rennais à force. Ça a l’air d’être une scène hyper décomplexée, car nous on ne connait pas trop encore, on vient juste de rentrer dedans. Mais tout le monde est vraiment pote, il n’y a pas de rivalité.
Et il y a des manifestations organisées qui sont cool, comme I’m From Rennes, qui réunit pas mal de groupes rennais émergents.
Aussi, il y a les groupes comme Juveniles qui portent la scène rennaise vachement haut. Et puis, il faut pas négliger l’impact des Transmusicales, de la collaboration des groupes rennais avec les Trans’.

- Enfin, vous défendrez votre nouvel EP le 19 septembre à l’Antipode MJC de Rennes pour sa sortie. D’autres dates sont-elles au programme ?
Olympia Fields : Il y a des dates sur Paris, puis en Bretagne. On va certainement jouer à Nantes aussi, mais on attend les confirmations.
Le but maintenant, c’est de défendre le projet sur scène au maximum pour l’expérience. Et de s’exporter bien sûr autant que possible hors de nos régions.
- Et jouer à l’étranger, c’est prévu ?
Olympia Fields : Pour le moment, non, mais si on a l’occasion, on n’hésitera pas bien sûr ! Si on a les conditions et la possibilité de le faire, on fonce !
- Il y a des coins qui vous tentent particulièrement ?
Olympia Fields : L’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne. Et le Japon aussi vu que les Français marchent bien là-bas a priori (rire).
Enfin, on finit souvent ainsi sur indiemusic, quels sont vos coups de cœurs musicaux du moment ?
Olympia Fields : En live, Hyphen Hyphen. Sur disque aussi c’est top, les compos sont terribles ! En album, celui des Juveniles.
Sinon, il y a BRNS et Austra.
- Merci à vous cinq et à bientôt assurément !
Olympia Fields : Merci à toi ! Bonne soirée !
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