[LP] Ô Lake – Refuge

Fondateur de The Last Morning Soundtrack et ancien membre du projet electronica Fragments, le Rennais Sylvain Texier s’illustre depuis 2016 dans un registre néoclassique sous l’alias Ô Lake, un nom emprunté à un poème de Lamartine.

Après avoir présenté une création originale dans le cadre de l’édition 2018 du festival Les Embellies, Ô Lake sortait ce vendredi son premier album « Refuge ». Un long format élégant qui offre aux thèmes chers à la musique classique ; l’absence, la solitude, la mélancolie ; une relecture moderne, avec une sensibilité et une retenue exemplaires. Prenant par moments la forme d’une méditation éclairée, révélant de purs moments de contemplation, voire d’attente nécessaire, la nouvelle création de Sylvain Texier, réalisée en collaboration notamment avec Gérald Crinon Rogez et Federico Climovich consacre la patience, l’observation pour sublimer l’émotion de l’instant.

Des moments évanouis (l’ouverture progressive sur « Refuge ») côtoient des temporalités magistrales, dignes des plus belles émotions cinématographiques à l’instar de l’incroyable « Conversation » qu’on imaginerait parfaitement en générique d’une future saison de Westworld. Il se dégage de cette œuvre une force narrative qu’on avait approché chez ses contemporains Julien Marchal et Ólafur Arnalds. « Refuge » devient le port d’ancrage d’un récit qui, sans dire un mot sinon s’annoncer à travers un titre, tire sur une corde hypersensible et déroule le fil d’une narration qui n’en finit plus d’évoquer souvenirs et songes imaginaires.

Entre un minimalisme presque retenu et qui ne demande qu’à s’échapper (« Reveries Op.1 ») et une virtuosité élégante à la Yann Tiersen (« Morning »), le compositeur et multi-instrumentiste rennais affirme sa trajectoire, en présence à ses côtés de David Harlé au violoncelle, Vincent Dormieu à l’alto et Paul Rouger au violon. C’est une musique classique contemporaine réhaussée, qui sait parfaitement quelle direction emprunter et joue avec une virtuosité, jamais préméditée ni savante, sur le rythme et les silences. Une œuvre sans noirceur et affranchie, qui s’abandonne dans un dernier sursaut dans le grand bain de l’électronique (« Epilogue »).

crédit : Mip Pava

« Refuge » de Ô Lake est disponible depuis le 1er février 2019 chez Patchrock et Night-Night Records.


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