[Clip] [Exclusivité] Nursery – Porn Life

Multipliant les gros plans sur les regards inquiétants et schizophrènes de ses protagonistes, le clip de « Porn Life » met parfaitement en scène le trio Nursery, nouvelle et imposante signature du label indépendant Kythibong, ayant fière allure avec son rock déviant et agité.

Les meilleures idées sont parfois les plus simples : cette vidéo en est le parfait exemple, tant elle capture avec malice la palette d’émotions contrastées qui habite ce morceau aussi excitant que déroutant ; de la folie la plus impassible à l’hystérie la plus incontrôlable. Le trio Nursery frappe très fort d’entrée avec cet avant-goût jouissif d’un long format qui sera sans aucun doute l’une des attractions de l’année à venir. Après des sorties discographiques hexagonales aussi mémorables que celles de The Psychotic Monks, de MNNQS, It It Anita (les Belges avec qui Nursery aurait certainement le plus de points communs, en tout cas dans l’état d’esprit), Lysistrata mais aussi des inusables Frustration, il nous semblait que la messe (2019) était dite. C’était sans compter Nursery, qui pour le coup, sans complexe, annonce clairement la couleur pour 2020.

Sur « Porn Life », les trois garnements reprennent en effet à leur compte l’héritage post-punk de Public Image Limited, en lui insufflant la précision sonore chirurgicale de Therapy, les bizarreries de Brainiac, le décalage candide et sauvage d’Alice Donut. Ce qui, soit dit en passant, pourrait constituer, pour un amateur averti de musiques alternatives bruyantes et électriques, une sorte de nec plus ultra absolument grisant. Indéniablement la complicité en trident organisée autour de Paul, Julien et Jean est le vecteur d’une efficacité tout simplement redoutable. Celle d’une batterie inarrêtable, qui sous ses faux airs disco nous ordonne de danser jusqu’à ce que mort s’ensuive. Celle d’une basse implacable, qui n’a peur de rien ni de personne, et surtout pas d’un bon gros déchaînement de distorsion. Celle d’une guitare incisive et prédatrice, qui ne relâche sa victime qu’après lui avoir savamment retourné le cerveau par injections répétées de doses létales de riffs psychiatriques. Nous avons failli oublier un petit détail, qui a son importance (même si parfois on se demande comment c’est possible) : c’est le batteur qui occupe le chant « lead ». La balle est désormais dans votre camp : à vous de plonger tête première dans cette délicieuse exclusivité pour indiemusic, mais attention, le danger est plus que réel !

« Eugenia » de Nursery, sortie le 31 janvier 2020 sur le label Kythibong.


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