[Avant-première] [LP] Northod – Truth Of Masks

Premier long format du quatuor bordelais Northod, « Truth Of Masks » nous entraine dans les cavités sombres de la new-wave et du post rock.

Northod - Truth Of Masks

En huit titres énigmatiques et possessifs, à la lourdeur parfois métaphysique, le jeune groupe nous égare au plus profond de ses blessures, pour libérer son soufre incendiaire sur nos dernières lueurs. Pour ne plus jamais retrouver la surface.

Une atmosphère assombrie, une température irradiante et des paysages maculés de débris, Northod sème un chaos hypnotisant, impose ses rythmiques lentes et profuses pour mieux nous faire sombrer.

L’entrée se fait en douceur sur « Bright Prospect » à travers le chant diffus et résonnant de Thomas Layan, des riffs fusionnels de Romain Quesnoy, de la basse tamisée d’Alex Chéné et des cadences de batterie de Guillaume Sajus. Pour prendre peu à peu goût à l’ivresse de la nuit.

Notre première étape vers cette obscurité tant désirée, ce sera avec l’éponyme « Truth Of Masks ». Une transition en clair-obscur étonnante, qui sur plus de quatre minutes nous fait passer d’un électro-rock des plus entrainants à une dark wave des plus inquiétantes et mystifiée, où les guitares se veulent travaillées comme des machines, donnant une dimension synth au titre sans faire usage du moindre clavier.

C’est alors à la basse que s’ouvre « Eye Opener ». Un passage plus post-rock, transporté par ses chœurs étendus comme par ses longues lignes instrumentales avant le plus dramatique et dévasté « Aversion Therapy ».

Dernière grande destination de ce premier disque, à « Stockholm », il ne sera pas question de visiter ses plus beaux quartiers, nos quatre hôtes nous traineront dans ses bas-fonds pour une virée infernale.

Enfin, sur l’album « Truth Of Masks », Northod manifeste une étonnante maturité confirmée par la présence d’ « Acrimony », final en trois actes, évoluant de la contemplation aérienne vers l’errance fantomatique et ténébreuse.

crédit : My Imaginary Boy
crédit : My Imaginary Boy

En marquant son premier album de longs passages durs et nerveux, comme de quelques passages plus éthérés, Northod durcit son jeu avec réussite, sans hargne, mais avec l’envie de s’abandonner à de sombres pensées comme d’en découdre avec l’obscurité.


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