[Interview] Nina Johansson

En l’espace de quelques jours, l’artiste suédoise installée en France Nina Johansson a pris tout le monde de court avec un premier extrait de son EP à venir, « One Step Too Low ». Un titre où l’électro lente et brumeuse porte la voix si particulière de l’artiste, pour un effet sur nos esprits et nos corps immédiatement envoûtant. Succès mérité pour cette introduction à l’univers de la musicienne, que nous avons voulu rencontrer afin de lui demander comment était née cette incroyable chanson, mais également pour parler de sa vie dans la capitale et de son opus à venir. Rencontre avec une compositrice à suivre de très près…

  • Tu es suédoise et tu es venue t’installer à Paris il y a cinq ans. Pourquoi ce choix ? Était-ce avec un objectif précis, musicalement ou personnellement ?

Le choix de venir à Paris, c’était au début pour le « fun », pour passer du temps à l’étranger, apprendre le français, respirer une autre culture. Mes premières années à Paris, j’ai surtout essayé de survivre ! Je parlais pas très bien le français et je n’arrêtais pas de me faire virer de partout quand je travaillais. Mais l’amour de Paris m’a fait surmonter tout cela ; la preuve je suis encore là ! (rires)

La musique est venue plus tard, car au départ je connaissais personne qui en faisait, et je suis assez timide autour de la musique, alors ce n »était pas évident !

  • Il ne t’a pas fallu longtemps pour t’intégrer musicalement dans le paysage culturel français, si l’on en juge par tes performances visibles sur Internet. Le changement de lieu et de pays a-t-il été contraignant ou, au contraire, libérateur ?

En fait je me pensais incapable de refaire de la musique à un moment donné. Je composais des petites choses en Suède, mais ce « cadeau », je pensais l’avoir perdu avec les années. Un Noël, de retour dans ma ville natale en Suède, une de mes copines m’a offert un vieux synthé qu’elle voulait jeter, et je l’ai embarqué en France. J’ai commencé a composer dessus dans mon petit studio à Château Rouge. J’avais besoin de me prouver que je pouvais encore faire des chansons et des mélodies, et je l’avais toujours ! J’étais rassurée.

  • Le premier extrait de ton prochain EP, « One Step Too Low », est disponible depuis le 23 février et dévoile une partie de ton univers qui est déjà fascinante. Pourquoi avoir choisi ce titre en particulier pour introduire l’auditeur à ta musique ?

Déjà, parce que j’aime beaucoup cette chanson, et j’ai eu beaucoup de retours positifs et étonnants sur ce morceau ; il me semblait alors naturel de la mettre en avant pour le projet de cet EP.

  • La chanson balance entre un côté très lumineux porté par des instruments comme le piano et les nappes de claviers, et une face plus sombre dans la rythmique. Est-ce une définition de ta musique, quelque chose entre les ténèbres et la lumière ?

C’est une très belle description !

  • Le clip qui accompagne le single est aussi sobre qu’hypnotique, notamment les transitions entre cette figure qui apparaît furtivement derrière une vitre opaque et ces cristaux dont l’impulsion suit le rythme de la chanson. Comment a été réalisée cette vidéo ? Et que signifie-t-elle pour toi ?

Cette figure derrière la vitre, c’est …. moi ! Nous avons commencé par discuter autour du texte de cette chanson, pour avoir l’ambiance du clip. Après, j’ai laissé libre cours à l’imagination de Fanny Castaing, une très bonne amie à moi, aux multiples talents !

Ce clip représente un moment sombre dans la vie d’une femme (le texte parle de viol). Avec Fanny, nous avons choisi de mettre en avant un côté dark, presque dérangeant au niveau des images, mais ce sont des images qui, pour moi, restent très belles à regarder !

  • Comment, justement, s’est déroulée ta collaboration avec Fanny Castaing ?

Fanny est avant tout une amie ; il me semblait naturel de travailler avec elle pour mon premier clip, au vu de son œil artistique et de sa sensibilité. Nous avons trouvé l’histoire et la couleur du clip à travers la discussion, les échanges. Je suis hyper contente du résultat !

  • Dans le dossier de presse qui accompagne le titre, il est question d’une jeune femme qui disparaît mystérieusement, sans laisser de traces, le texte s’achevant sur cette phrase : « Son insouciance et sa légèreté sont mortes dans la cour de l’immeuble ». Est-ce ce que raconte la chanson, ou est-ce lié à autre chose concernant ta musique ou ta vision de celle-ci ?

En fait, cette chanson raconte la scène d’un viol ou d’une agression sexuelle (dont, malheureusement, beaucoup de femmes sont victimes). Les paroles décrivent ce que l’on peut ressentir dans une situation pareille. La musique et les arrangements accompagnent ce sentiment. Peut-être est ce pour cela que l’on peut avoir l’impression d’un univers un peu sombre sur ce morceau.

  • Parle-nous de ton prochain EP. Aura-t-il un titre ? Combien contiendra-t-il de chansons ? Et comment l’as-tu enregistré et produit ?

L’ EP s’appellera « Nina Johansson ». C’est un EP de quatre titres, dont une partie est enregistrée au Studio du Hameau à la campagne, et une autre au Studio Red Bull à Paris. J’ai eu la chance d’avoir des personnes très talentueuses autour de moi pour ce projet, qui m’ont aidé à faire vivre mes chansons d’une manière très touchante à travers les arrangements, signés David Assarraf et Thibaut Javoy. Mon EP est produit par mes éditeurs, chez Abbesses Music Publishing.

  • Quelles autres surprises nous réserve ce disque, après un single aussi parfait que « One Step Too Low » ?

Merci ! Mon EP vous reserve des mélodies, des histoires, de la mélancolie, des destins, des rencontres, des rêves, des doutes, du courage, des regrets, de l’espoir, de la folie, des nuits, de la haine, de l’ Amour…

  • Tu as également de nombreux concerts prévus dans les mois à venir. Comment envisages-tu le fait d’être sur scène, et quelles sont tes attentes par rapport aux nouvelles chansons que tu vas interpréter ?

Oui, j’ai beaucoup de chance de pouvoir faire des concerts, je n’en reviens pas ! J’espère que je réussirai à transmettre quelque chose aux gens, des émotions, des belles choses.

  • Les versions de tes chansons seront-elles différentes sur scène, par rapport au disque, notamment en ce qui concerne le mélange d’instruments acoustiques et électroniques ?

Nous sommes en pleine création artistique pour le live en ce moment, alors je ne peux pas vous en dévoiler davantage sur ce sujet ! Mais il n’y aura pas de changements majeurs, car le travail qui a été fait sur l’EP est très beau, alors je souhaite garder ces versions assez intactes pour l’instant. Mais il y aura sans doute une reprise « surprise » et des chansons qui ne sont pas sur l’EP.

  • Comment se passe ta collaboration avec Abbesses Music Publishing ?

Abbesses Music Publishing, c’est avant tout une histoire d’amitié et d’amour de la musique. Ils sont un peu comme ma famille, alors cela se passe très bien ! Ils font très attention à mon intégrité et m’accompagnent de façon très sincère dans la musique depuis le début.

  • La réception de ton nouveau single par la presse est très positive. Cela crée-t-il chez toi une certaine pression avant la sortie du disque ou, au contraire, une motivation supplémentaire pour le dévoiler ?

Cela m’encourage beaucoup ! Je suis très contente des retours par la presse. Parfois, je n’arrive presque pas à croire qu’ils parlent de moi ! Ça me touche beaucoup….

  • Souhaites-tu ajouter autre chose ?

Merci et à bientôt !


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