[Interview] Natas Loves You

À l’occasion de la sortie ce lundi 13 octobre du 1er album des Natas Loves You, « The 8th Continent », chez Wagram / Cinq 7, nous avions réuni, autour d’une bière bien fraîche et du micro d’indiemusic, le groupe au grand complet lors du festival Cabourg, mon amour.
Histoire de savoir comment les cinq membres du projet appréhendaient et se préparaient à ce grand pas dans leur carrière musicale déjà toute auréolée de succès.

Natas Loves You par Nicolas Nithart
crédit : Nicolas Nithart
  • On s’est rencontrés la dernière fois au Printemps de Bourges, que s’est-il passé depuis ?

On a fait une tournée Europavox qui avait démarré à Angers au Chabada. Une dizaine de dates plus tard, on est partis loin de France : en Estonie, à Barcelone pour le Primavera Sound, en République tchèque, en Allemagne, au Texas pour tourner un clip. On était là aussi pour les Francofolies en juillet.

  • Nous voilà donc à Cabourg, à l’aube de la sortie de votre 1er album, the 8th Continent, qui était prévue au départ pour le début septembre…

… et qui a été décalé au 13 octobre. L’album est prêt déjà depuis plus d’un an. Quand la date se rapproche comme cela à grands pas, c’est super kiffant, on est très impatients de le partager avec le plus de monde possible… et de le défendre sur scène aussi.

  • Comment s’est passée la rencontre avec votre producteur, Chris Zane ?

La prise de contact s’est faite sur Skype, on a réalisé à ce moment-là l’étendue et la dimension du personnage, de tous les producteurs avec qui on a parlé, c’était celui qui était le plus apte au vu de son grand bagage, avec notamment Holy Ghost!, Passion Pit ou Friendly Fires. Il a vraiment les épaules, beaucoup d’expérience et surtout le côté artistique qui nous nous parle vraiment.

  • Objectifs atteints ?

Oui, II a été très subtil, il ne nous a pas poussés dans une direction, il nous guidait un peu s’il nous voyait un peu perdus, il savait être ferme sans froisser les égos et les sensibilités de chacun. C’était parfait pour un 1er album, car on était encore assez jeunes dans nos têtes, en tout cas musicalement…

  • Vous avez mis 5 ans pour faire l’album…

Ça a été un processus très très long ; on avait commencé à écrire avec l’idée de concept album. Au fur et à mesure du temps, on a écrémé, on a gardé ce qui nous plaisait le plus, les chansons ont été retravaillées avec pour certaines d’entre elles 4 versions. C’est devenu un projet de longue date hyper satisfaisant et en même temps angoissant de le voir arriver à son terme.

  • Comment travaillez-vous la promo de l’album ?

On joue toujours à fond, on prend tout ce qui est bon à prendre, là on a fait un clip au Texas avec Larry Clarke et quand ça va sortir, cela devrait produire un peu de momentum. Pour nous, cela a toujours été une pente ascendante, douce, mais toujours vers le haut et c’est la manière dont on fonctionne. Lentement, mais à notre rythme, et si on regarde où on en était l’année dernière, on se dit qu’on a vraiment fait du chemin…

  • Qui va piano va sano ?

Oui, c’est Pierre-Hadrien qui doit avoir de l’italien en lui (rires).

  • Les réseaux sociaux ?

On s’est beaucoup inquiétés de l’image qu’on renvoyait ou de ce que l’on voulait renvoyer et plus ça va, plus on noue des amitiés avec des gens qui comprennent notre fonctionnement avec la musique, notre manière d’être hors de scène et nos personnages musicaux, et on va de plus en plus vers cela. La sincérité est quelque chose qui se ressent.

  • Est-ce que votre maison de disque en tant que telle remplit sa mission en vous soutenant et en vous aidant à vous envoler ?

Notre équipe signataire (3e bureau), à qui on passe un énorme bonjour (Victor, David, Benoît), a fermé et ces gens-là nous ont soutenus pour toute la partie production. Là, on arrive sur la phase « Comment aller défendre cela ? » avec notre tourneur et dans les médias (Anne Sophie et Arnaud de Cinq 7) et le fait de passer chez Wagram dans une autre sous-maison nous avait fait un peu peur. C’est au final des gens avec qui on s’entend très bien et quand les gens sont bons dans la musique, tu vas parfaitement travailler avec eux. On est très contents de ce qu’ils font pour nous. Il peut bien sûr y avoir des clashs, mais nous aussi on en a entre nous… Ce sont des relations de travail artistiques, très subjectives, c’est inévitable.
En tout cas, on s’est rendu compte que la promotion, c’était un gros travail à part. De l’extérieur, on pourrait penser qu’une fois repérés, tout te tombe dans les bras ce qui est extrêmement naïf ! Il y a beaucoup de choses qui se passent derrière la scène et on le réalise de plus en plus…
On a beaucoup bossé là-dessus durant le Chantier des Francos et on rencontre volontiers les personnes qui veulent faire notre promo avec parfois des affinités qui se nouent.

  • À une époque où tout va à 200 à l’heure et change très vite, cela ne vous a-t-il pas inquiété de prendre autant de temps pour la réalisation de l’album ?

Tout va peut-être exploser et se ralentir d’un coup. Tu vois, par exemple, le vinyle est en train de faire son grand retour… Et comme depuis les années 80, chacun peut faire de la musique dans sa niche, en fait, cette situation a toujours existé. L’essentiel est de travailler et de donner le meilleur de soi-même. Il faut simplement être réactif aux nouvelles technologies et savoir s’exprimer rapidement.

  • Prochaines grosses étapes ?

Travailler encore plus le live pour qu’il soit encore plus vénère et travailler sur un nouvel album. On s’est déjà mis à écrire, cela fait presque un an qu’on n’avait rien sorti, en tout cas pas en tant que groupe.

crédit : Nicolas Nithart
crédit : Nicolas Nithart
  • Comment fonctionne un groupe cosmopolite tel que le vôtre sur les scènes hors de France ?

Vu qu’on parle beaucoup anglais quand on est à l’étranger, cela amène une autre énergie, une atmosphère différente entre nous, mais aussi avec le public. Et quand on parle allemand en Allemagne ou espagnol en Espagne, il s’installe tout de suite un rapport sympathique avec le public qui ne s’attend pas toujours à ce qu’on maîtrise sa langue. C’est un As que les autres groupes n’ont pas forcément. Les gens comprennent qu’on est là pour eux, avec eux, comme des frères. Cela créé des liens.

  • Et quel est votre « secret » pour arriver à jouer si fréquemment dans tous les recoins de l’Europe ?

Il faut le vouloir, être prêt à en payer les coûts. Aller se faire un nid dans un autre pays n’est pas une chose facile et qui coûte en général assez cher aux tourneurs. Ce n’est, en tout cas, pas parce qu’on est un groupe cosmopolite, même si on a grandi un peu partout. On a juste la musique dans le sang, on chante et communique en anglais, cela change pas mal la donne.

  • Imaginons maintenant que nous soyons 4 ans plus tard en 2018… où pensez-vous en être ?

On aura une énorme maison, car on aura fait le « Get Lucky » de 2016, peut-être que plusieurs d’entre nous auront des enfants – mais sûrement pas le guitariste et le batteur (rires). On espère qu’on aura sorti d’autres albums et tourné le plus possible, dans le plus d’endroits possible, en ayant touché un maximum de monde.


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Nicolas Nithart

grand voyageur au cœur de la musique depuis plus de 20 ans