[Interview] Moi Je

« Veux Bien », le troisième EP du lyonnais Moi Je, est l’une de ces petites pépites qui pointe le bout de son nez pile au bon moment. Sorti le 11 mai, en même temps que le retour des beaux jours, Veux Bien nous colle à la peau. Mi-dansant (Respire), mi-contemplatif (Suis) : Moi Je déroule un savant mélange de funk, disco et de musique électronique concentrés en deux titres ultra efficaces (auxquels il faut ajouter deux excellents remixes). On n’y résiste pas. Et comme il l’avait fait sur ses deux précédents EP – « Moi Je – Fabrique » et « Moi Je – Ris » -, le nom de chaque morceau vient compléter avec humour son nom de scène.

Moi Je

  • Salut. Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter, nous expliquer un peu ton parcours ?

Je m’appelle Loïc Lassablière, j’habite à Lyon et je suis à l’origine du projet Moi Je. A la base, je suis saxophoniste. J’aime bien le funk, le disco et j’ai aussi un groupe de blues à côté, plus pour rigoler. Sur Moi Je, comme je ne suis pas multi-instrumentiste, je suis rejoint par un bassiste (Simon Bérard), un chanteur (Babil Lachheb) et un guitariste (Antoine Lartigue). On enregistre pas mal chez moi. J’ai commencé le projet tout seul mais les musiciens sont présents sur quasiment tous les morceaux.

  • Ils apportent des idées sur ce que tu composes ?

Parfois ils apportent des idées, mais c’est moi qui garde la main sur ce que je fais. Je suis le chef !

  • Comment as-tu choisi ce nom, Moi Je ? Pour la blague ou il y autre chose derrière ?

Oui, pour la blague ! A la base, j’étais tout seul sur mon projet, je n’avais pas l’ambition de sortir des trucs. Tout ça est venu plus tard. Du coup, j’étais tout seul et Moi Je, ça m’allait bien.

  • Et qu’est-ce qui a déclenché ton envie de sortir tes sons sur un label ?

Je me suis pris au jeu, à la production. Au bout de quelques années, j’ai publié mes morceaux sur Soundcloud et des labels sont venus me voir. Avec certains, ça ne s’est pas fait… Et puis il y a eu Profil de Face Record avec qui ça a bien fonctionné.

  • Ton EP est très funk. D’où te vient cette influence ?

Déjà, la musique dansante, ça me parle. Et puis, il y a quand même un côté électronique. En fait, c’est un son que j’ai toujours fait, c’est très maturé comme truc. Et puis, c’est en lien avec ce que j’écoute. J’aime beaucoup la musique électronique aussi, ça se mélange bien. C’est un son qui me plaît, ça vient assez naturellement. Et les musiciens sont aussi dans ce délire.

  • Cette touche disco-funk peut être ressentie comme de la nostalgie… Qu’en penses-tu ?

Je ne trouve pas. C’est une musique indémodable et qui est revisitée au goût du jour.

  • Tu as déjà sorti deux EP. Comment as-tu abordé ce troisième projet ?

Il est beaucoup plus court : il n’y a que deux titres. Les deux autres EP comprenaient quatre titres. Je voulais vraiment faire un truc concis. J’avais envie d’essayer ce format. Je trouvais intéressant de faire deux morceaux qui sont assez opposés. Le premier titre, « Respire », est quand même assez accrocheur, alors que le deuxième, « Suis », est peut-être moins grand public.

  • Comment as-tu choisi les deux artistes qui ont remixé tes titres ?

J’écoutais déjà pas mal Roux Spana. Je l’avais découvert sur une compilation et, depuis, je suivais ce qu’il fabriquait. Pour Les Gordon, c’est le label qui m’a proposé. Je ne connaissais pas avant et j’ai bien aimé leur son. Je suis content du résultat.

  • J’ai vu que tu avais un Tumblr où tu postais pas mal d’images. Tes visuels d’EP sont également très léchés. Tu choisis tes visuels ?

Oui, je suis super relou avec ça ! J’aime bien gribouiller et je suis sensible aux jolies images.

Moi Je - Veux Bien

  • Tes titres sont en français – ce qui donne des jeux de mots très sympas – mais les textes en anglais. Ça sonne plus funk ?

J’aimerais bien faire des titres en français. L’anglais, ça s’est un peu fait comme ça. Mon chanteur, Babil, est plutôt balaise en anglais et il ne voulait pas se lancer en français. Mais c’est une envie que j’ai. Après, j’adore travailler avec Babil, je ne voulais pas bosser avec quelqu’un d’autre. Mais j’ai quelques idées de collaborations…

  • Tu as donc déjà des textes en français. Cela présage un futur album ?

Oui, on va s’y mettre. J’aimerais bien boucler tous les morceaux fin juillet pour une sortie début 2016. Après, on verra comment on s’organise mais le but du jeu, ce serait ça.

  • Sur scène, comment ça se passe ?

Pour l’instant, je suis seul sur scène. Mais en ce moment, avec les musiciens, on est en train de monter un live. On aimerait le terminer pour juillet pour pouvoir le jouer à la rentrée.
Ce n’est pas encore fait, mais le but, c’est vraiment de bouger un peu. Cet été, j’ai aussi quelques dates prévues : je serai le 13 juin au Petit Salon (Lyon). J’ai également deux dates sur Paris à venir, en juillet.

crédit : Sandro Lacopino
crédit : Sandro Lacopino
  • Tu viens de Lyon ; comment se porte la scène locale ?

Ça bouge beaucoup. Je suis très proche de l’association Happiness Therapy, ils sont supers actifs. Après, à Lyon, il y a beaucoup de soirées techno, mais je ne suis pas trop là-dedans. Sinon, il aussi pas mal de salles sympas qui ouvrent : Le Petit Salon, le Sucre… La scène électronique est très dynamique.


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