[Live] Minuit et The Pirouettes au Métaphone

Minuit
Minuit au Métaphone le 16 mars 2019 © David Tabary

Étrange et intrigant plateau que celui proposé par le Métaphone à Oignies en ce samedi 16 mars. Une co-production avec d’un côté The Pirouettes, de l’autre Minuit. Deux groupes qui représentent deux courants de la chanson française actuelle. Les premiers sont les plus jeunes et comptent déjà deux albums qui s’inscrivent dans un certain renouveau de la pop française, les seconds tracent tranquillement leur route avec un EP et un album en 3 ans, beaucoup de scènes entre les deux, et des influences funk/rock hors effet de mode. On est donc allé voir ce que donnait la rencontre des deux groupes.

C’est à The Pirouettes que revient le soin de débuter la soirée. On avait croisé Léo et Vickie il y a quelques mois à la Condition Publique de Roubaix. La scène y était plus grande et le dispositif scénique du groupe impressionnait alors avec un écran géant derrière lequel le duo pouvait monter pour se retrouver perchés 1m50 au-dessus de la scène et de leurs musiciens. Ici, avec une scène plus contraignante en termes de place, ce sont les musiciens qui sont perchés sur une estrade beaucoup plus basse et les deux tourtereaux qui occupent le devant de la scène.

Si The Pirouettes ne saurait se résumer à un groupe pour ados, force est de constater que les avant-postes dans la foule sont occupés par des très jeunes. Mention spéciale à cette bande venue de Douai qui passera tout le set à bondir, danser et hurler par cœur les paroles d’à peu près tous les morceaux, en y mettant encore plus d’entrain sur les tubes comme « L’escalier » ou « Le Petit Château ». Et quand Léo annonce que The Pirouettes vient de sortir une version « deluxe » de l’album Monopolis et qu’il va en jeter trois copies dans la foule, c’est tout naturellement qu’il vient en lancer une à la petite troupe.

Celui qui écrit ces lignes se doit d’avouer au lecteur qu’il est assez hermétique aux textes de The Pirouettes, par contre il faut avouer que musicalement, le duo, son batteur et son bassiste sont impressionnants de maîtrise et auront livrés une prestation impeccable avec un son parfaitement taillé pour le live.

Encore une fois, sans vouloir faire de raccourci facile, force est de constater qu’il y a bien eu un conflit générationnel en ce samedi soir, puisque tous ces (très) jeunes quitteront la salle dès le concert de The Pirouettes terminé, sans doute pour aller attendre le duo dans le hall, et ne plus revenir ensuite.

Après un changement de plateau interminable (c’est à peu près toute l’installation scénique qui doit être changée d’un groupe à l’autre, et le travail des techniciens est impressionnant), ce sont les plus expérimentés Minuit qui font leur entrée sur la scène du Métaphone. On les avait eux aussi croisés en novembre dernier à Lille et on se rend vite compte que leur show est désormais parfaitement rôdé et millimétré.

Si Simone Ringer nous signale en début de concert que le pauvre Joseph Delmas souffre atrocement du dos et ne pourra se déhancher comme d’habitude, c’est pourtant bel et bien un concert extrêmement rock et surtout funk que va dérouler le groupe. Tous les ingrédients du show sont là : les textes ciselés et parfaitement interprétés de Simone, une section rythmique de malade, Raoul en guitar hero affublé d’un tic qu’on n’avait jusque là pas remarqué (il mime tous les pincements de cordes avec la bouche), des jeux de lumière impressionnants avec ce « Minuit » en néon blanc suspendu au dessus du groupe, et toute une série de reprises au groove parfaitement maîtrisés. Ce soir-là nous auront droit à « You Should Be Dancing » des Bee Gees, « I Feel Love » de Donna Summer et « Dr Beat » de Gloria Esteban.

Le seul moment où l’on s’écartera de la feuille de route de ce show funky, c’est lorsque Simone introduira le titre « Oran » en indiquant que le morceau raconte l’histoire d’un couple qu’elle a connu et que c’est la première fois qu’elle interprète ce titre depuis que l’un des deux protagoniste est décédé. On la verra alors véritablement émue, au bord des larmes avant d’insuffler toute cette émotion dans une interprétation vibrante, toute en contraste avec la folie de « Flash » qui parachèvera au mieux la soirée.


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