[Live] Mina Tindle à Maison Folie Hospice d’Havré

J’ai découvert Mina Tindle en 2009, lors d’une première partie de Beirut qu’elle avait joliment effectuée dans un Bataclan surchauffé, accompagnée sur scène par son protecteur, JP Nataf. Presque six ans plus tard, elle a bien « grandi », Mina Tindle : deux albums au compteur, dont le raffiné « Parades » sorti fin 2014.

Mina Tindle © David Tabary

Mina Tindle apparaît sur la scène de l’Hospice d’Havré vers 20h30, ce samedi 31 janvier. À en juger par son look, on ne peut s’empêcher de se dire qu’elle n’avait pas envie de sortir ce soir. Grand sweatshirt qui lui sert de robe, à moins que ce ne soit une grande tunique qui ressemble à un sweat, un bonnet sur la tête et les yeux qu’elle n’a pas maquillés et qui laissent entrevoir quelques rides d’expression. Soirée pyjama, Mina ? Non, pas vraiment. Soirée naturelle, sans fard sans doute.

S’il y a bien une chose qui ne change pas avec Mina Tindle, c’est sa grande timidité qui l’amène à tenir des propos incohérents ou maladroits avec le public. Elle ramènera sur le tapis, comme deux ans plus tôt au Grand Mix, cette histoire de blague douteuse à base de tomates qui traversent la route. Comme une menace ou une mise en garde, pour nous dire que les choses pourraient encore empirer de ce côté-là.

À un moment, Mina Tindle s’arrête et remercie le public du Nord, connu selon elle comme étant le meilleur public de France. À un spectateur dubitatif qui lui lance qu’elle dit cela à tous les publics, elle assure que ce n’est pas le cas. Bon, il faut avouer que l’audience est elle aussi timide ce soir, mais ce compliment la réveille et c’est sans doute là l’essentiel.

Elle y reviendra plus tard, quand elle explique que, suite à un problème de clavier, ses musiciens ne peuvent l’accompagner normalement sur « To Carry Many Small Things », et qu’elle propose que le public l’accompagne en frappant un rythme dans ses mains. Émue aux larmes par cette version inédite, elle se risquera à promettre d’embrasser ceux qui iraient à sa rencontre après le concert.

Du set, on retiendra notamment le moment de poésie qu’aura représenté le morceau « Taranta » et son explication par Mina Tindle. Son évocation de la Puglia, cette région du sud de l’Italie qui forme le talon de la botte, de ces femmes qu’on autorisait à danser une fois par an, de leur transe quasi chamanique, et du paradoxe de ce titre présent sur le deuxième album alors qu’il donnait son nom au premier.

Au bout d’1h15 de concert, rappel compris, Mina Tindle sort de scène et relance l’éternel débat : en matière de musique, est-ce que « plus c’est long, plus c’est bon » ? Pas sûr. En tout cas, ce court moment passé avec elle aura été très bon ; centré sur l’album Parades (Je Sais, Pas les saisons, Seaside, I Command, Taranta, Ta Peau) tout en n’oubliant pas le meilleur de Taranta (Bells, To Carry Many Small Things ou Pan).


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