[Live] Medicine Boy au Joker’s Pub

Mardi 4 octobre 2016 au soir, le froid s’est installé dans les rues d’Angers après quelques derniers jours de soleil persistants. Un vent frais, léger mais ressenti nous invite sans tarder à nous engouffrer dans l’un des espaces chauffés du centre-ville. Cette nuit, au Joker’s Pub, le duo rock sud-africain Medicine Boy, originaire du Cap, poursuit sa tournée européenne à la rencontre de son public. Le duo formé par Lucy Kruger aux claviers et aux percussions, et Andre Leo à la guitare n’aura de cesse de captiver le public, une heure durant, en dévoilant les discrètes nuances de sa « dream noise » personnelle, partagée entre blues, dream pop et rock psychédélique.

Medicine Boy © Fred Lombard

La complicité duelle des deux interprètes frappe d’emblée. Dans les regards attentifs d’abord, échangés entre eux sur scène, traduisant une confiance absolue de l’un envers l’autre et tout autant la nécessité sinon l’urgence d’impliquer l’auditeur, plus passif qu’actif, au cœur de cette relation imperceptible. Sur les notes graves d’un blues électrique langoureux se construit une défiance sensuelle, susurrée ou partagée à deux voix, vives ou faisant corps avec l’instrumentation. Sous une fumée dense, parfois presque opaque, sous les lumières vives des projecteurs multicolores, l’histoire du premier album du groupe, « Kinda Like Electricity », se rejoue avec une captivante intention. Celle d’une musique sauvage et libre comme les territoires que le duo se plaît à explorer et à faire découvrir à son auditoire, parfois brûlante ou embrasée par le souffle du couple comme sur le diable électrique « E.V.I.L » ou l’indomptable « You’re an Animal Now ».

Mais Medicine Boy sait tout autant se montrer sous un jour plus apaisé et serein, et dévoile alors une facette plus berçante voire mystique qui invite dès lors le spectateur à s’abandonner à ces douces passions tendrement prodiguées ; à l’instar du très dream pop « Beautiful Blue » où le chant de Lucy évoque même un peu celui de Dido ou du blues enfumé de « Alone ». Entre ces deux tempéraments exprimés, le tandem installe des compositions plus nébuleuses, où les nuages dream pop du projet se gorgent d’ombrages et où la passion chère au duo se dévoile et se diffuse intensément au cœur des compositions.

Tout au long d’une heure d’un concert conjuguant pudeur et passion, Medicine Boy aura tenu son brillant pari, celui de recréer l’atmosphère singulière et captivante d’un premier album amené à grandir et voyager de scène en scène. Prometteur.


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