[EP] Mayra & Mr.Mow – Les Ardoines

Quand on s’aventure dans l’écoute d’un disque, on ne sait pas toujours où ce dernier pourra nous emmener. D’une ville bruyante de toute son activité à une nature paisible derrière tant de mystères, certains projets aiment nous raconter des histoires, nous embarquer dans leurs bagages, parfois sans halte, parfois en suivant une route déjà empruntée par d’autres auparavant, ou encore à l’aveugle, quitte à nous semer en chemin.
Il y a ces albums qui font corps avec l’instant présent, qui font sens avec nos envies, avec nos instincts, face à une musique qui se dévoile devant nos yeux, qui libère petit-à-petit ses embruns sonores, ses senteurs de vie, ses respirations, ses rythmes et sa chaleur. D’une entente naissante entre nous et l’objet sonore, nous devenons les protagonistes d’une excursion d’une heure, parfois plus, souvent moins, qui peut sembler durer un instant ou au contraire une éternité. Il reste que l’on vit un moment unique, seul ou non, en laissant filer les minutes et les secondes, à profiter de la créativité d’autres pour mieux éveiller et piquer notre curiosité.

Mayra and Mr Mow - Les Ardoines

C’est dans Les Ardoines, « far west industriel » de la région parisienne, que les désormais trois musiciens de Mayra & Mr.Mow ont fait germer cinq belles pousses musicales à même de refléter toute la sincérité, la vie et l’engagement d’un projet pop à la vision panoramique.
Loins de s’enfermer dans un genre, Mayra & Mr.Mow se plaisent à brouiller les pistes pour nous emmener sur des sentiers imprévus, mais toujours séduisants.

Sous le charme d’une « Magic Lady » sortie de nulle part, on entreprend l’écoute avec conviction. Sur des paroles entonnées par Mr.Mow puis par Mayra, les mots complices des deux voix résonnent et rebondissent avec hauteur et en rythme sur une instrumentation partagée entre folk américain et blues, entre percussions et harmonica, avec une fraîcheur désarmante. Irrésistible comme un été qui ne demande qu’à glisser doucement vers l’automne.

« We Were », c’est un autre charme, celui lent et ombragé d’une pop sensible, un lieu d’apaisement et de douceur charnelle. Les deux voix unies nous emportent dans de douces rêveries sur des synthés aux harmonies en élévation, entraînées dans les airs par les percussions de Paul à la batterie. Une ballade ravissante, peu à peu hypnotique.

Alors qu’on avait déjà goûté à la sensualité, celle-ci nous rattrape sur « Run », merveille psychédélique illuminée par le chant suave et ardent de Mayra. Alternant blues-rock libérateur sur des riffs parfaitement en place et pop spatiale bien partie pour explorer notre inconscient, le trio parisien réveille nos membres endoloris pour nous faire danser alors que notre esprit a déjà perdu tout contrôle.

L’orage gronde sur « Devil », les riffs se font plus lourds, l’atmosphère plus électrique, tandis que la voix de Mr.Mow se fait grave et sévère. Puis l’accalmie est amenée par Mayra, avant de se laisser à son tour posséder par la nuit, auguste et implacable. Prenez garde, les soirs d’automne, au diable qui rôde du côté des Ardoines.

crédit : Hugo Sobelman
crédit : Hugo Sobelman

Il nous sera ainsi impossible de faire marche arrière, captifs des charmes vocaux de la sirène Mayra et des mélodies effacées, quand les vagues chorales envahissant la côte sauvage du doux « We Are Driving To The Sea » nous emportent. Une dernière piste en guise d’adieu avant de reprendre notre route pour d’autres aventures que l’on espère aussi belles et riches.


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