[EP] MATCH – Superficial Please

Après avoir radicalement bouleversé les codes de la représentation visuelle grâce à des clips exposant aussi bien une histoire en continu que l’ambition des musiciens qui les portaient en eux, MATCH franchit un cap supplémentaire grâce à « Superficial Please », petite merveille de rock teinté d’électro faisant l’effet d’une bombe dans le monde électrique hexagonal.

Au premier abord, on serait tenté de rapprocher la démarche artistique de MATCH de nombre de ses confrères anglo-saxons, Muse en tête. Pourtant, on s’apercevra rapidement que toute forme de name dropping susceptible d’être apposé sur la biographie du groupe sera vaine et inutile. MATCH se focalise non pas sur la reproduction pure et simple, mais sur la découverte d’une identité, d’une originalité dépassant le cadre du rock et de l’électro tout en s’inspirant de leurs qualités – et jamais de leurs défauts, faut-il le préciser. « Superficial Please » démontre un sens incroyable de maturité, de focalisation sur l’écriture dont le résultat, à travers le disque, s’écoute avec autant de plaisir que de concentration, les multitudes de détails le constituant exigeant une imprégnation constante de l’auditeur. N’essayez même pas de faire autre chose en écoutant l’opus ; c’est impossible.

L’alliance de sonorités synthétiques parfaitement couchées sur bandes et de guitares respectueuses de cet écrin demeure la base essentielle de « Superficial Please », la terre mère sur laquelle tout va se dérouler, des impulsions soudaines et cavalcades funk de « Salvation Journey » à l’anxiété mélancolique de « Millennials », cachant ses intentions sous la nonchalance d’une batterie bientôt invitée au doute étreignant le titre dans son ensemble. Mélodiquement, le disque est irréprochable, détaillé et limpide : les phases calmes puis énergétiques de « Dark Shade » exposent sans forcer un chant engagé et volontaire, puisant l’essence des instrumentations tout en les magnifiant, en les portant à un niveau bien supérieur sans qu’aucun instrument ne vienne étouffer l’autre. De même, la ballade rapidement tempétueuse « Young Cyber » et ses chœurs battants, s’effaçant lentement devant une superbe version acoustique de « Salvation Journey », cette dernière n’ayant rien d’anecdotique mais démontrant, bien au contraire, que le songwriting de MATCH est un exercice minutieux, communautaire et admirable.

En exposant les craintes et les moyens d’échapper à la mécanisation moderne des corps et des esprits, à la passivité de l’âme humaine face aux facilités technologiques, « Superficial Please » transforme la voix de MATCH en expression contestataire simple, rapide, immédiate. Cinq chapitres du guide ultime de la victoire de l’être sur le néant.

« Superficial Please » de MATCH, disponible depuis le 30 avril 2020.


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