[Entourage #70] Martin Mey

Comme le sable, la musique de Martin Mey se fait mouvante. Touche à tout assumé, l’artiste navigue avec aisance entre la pop, le folk et l’évasion électronique, développant un univers guidé par une voix habitée et une recherche d’harmonies profondes. Alors qu’il vient de sortir son nouvel album « Words (Without) » porté notamment par le titre « Love Me Now » et qu’il sera de passage à Roubaix le 12 septembre prochain dans le cadre du Crossroads Festival, le Marseillais nous présente cinq artistes qui ont influencé son parcours musical.

crédit : Seb Houis

Simon Henner

Simon, c’est le « meilleur d’entre nous » de la scène marseillaise, une sorte de locomotive ; un mec à la fois très cool et un hyperactif de la musique, avec ses projets Nasser, Husbands, son solo French 79 et ses réalisations pour les autres… On s’était rencontrés en studio, on enregistrait un début de collaboration entre 123Mrk et moi, et j’ai adoré bosser avec Simon. Alors, je lui avais demandé de bosser avec moi sur un EP, puis de réaliser mon premier album en 2014 dont je suis toujours très fier du résultat. C’était vraiment enrichissant ; grâce à Simon j’ai beaucoup progressé en prod et sur tous les synthés ; depuis je ne peux plus me passer de son de Juno par exemple… On n’a pas bossé ensemble sur mon dernier album, que j’ai fait avec MaJiKer (une super collaboration aussi), mais Simon reste un précieux conseiller – surtout quand il s’agit de parler de musique « efficace »… D’ailleurs, je crois qu’il n’a pas besoin de moi pour faire la promo de son dernier single « Hold On » et de son nouvel album qui sort bientôt, alors je ressors là un remix qu’il avait fait pour moi et que je trouve toujours aussi classe.


Paulette Wright

C’est aussi sur mon premier album qu’on s’est rencontrés, Paulette et moi. Je l’ai invité à passer deux jours en studio avec moi pour un featuring ; mais je n’avais pas de morceau à lui proposer, alors on a improvisé, et créé le morceau « It Just Happens » en quelques heures, enregistré tout de suite, comme une maquette, et finalement je l’ai gardé comme version finale de ce duo sur mon disque. C’était un moment magique pour nous deux, cette spontanéité et cette parfaite sérendipité (Google donc ça si tu ne connais pas ce joli mot !). Ça nous a pris quelques années ensuite pour nous retrouver, quand je l’ai appelée pour participer à mon nouveau projet d’album et de tournée. Sa voix est donc bien sur l’album, mais Paulette nous a quittés depuis… Elle a laissé un magnifique disque qui est sorti cette année et qui porte très bien son titre : « Ineffable ».


Laurent Garnier

J’ai la chance de connaître Laurent grâce à Ghost of Christmas, le projet électro auquel je participe avec Gaël Blondeau. L’histoire est belle ; un jour, TeeTwo Mariani, qui participait au début du projet à l’époque, a décidé qu’il fallait absolument que Garnier écoute nos démos, alors il a chopé son numéro et il l’a appelé… On a eu beaucoup de chance qu’il décroche, il paraît qu’il cuisinait pour ses potes à Lourmarin, il était dans le bon mood… Il a écouté et il nous a écrit tout de suite, un message du genre : « c’est magnifique, vous en faites quoi de ces morceaux ? Moi je les signe ! ». Et voilà comment on a sorti notre premier disque sur son label et comment Ghost of Christmas a vraiment démarré ; il nous a invités à jouer aux Nuits Sonores aussi, c’était vraiment mortel. Laurent reste un de nos premiers fans, et inversement ; c’est vraiment un incroyable passionné de musique, aussi généreux et classe que sa réputation le dit, c’est pas le patron pour rien ! Et puis ses DJ sets sont ceux qui me font aimer les DJ sets.


Fred Nevché

On commence à avoir une longue histoire avec Fred ; en 2012 j’ai signé avec la coopérative culturelle marseillaise dont il est un des fondateurs et qui se fait connaître aujourd’hui sous le nom de Grand Bonheur… Depuis, on se côtoie, mais je dois dire qu’au départ, on n’avait pas grand-chose en commun et qu’on n’était donc pas partis pour collaborer artistiquement… Les premiers essais avaient été catastrophiques – on ne devait pas être prêts, ni lui ni moi !
Et puis, un jour, en 2016 je crois, il m’a appelé pour me demander de m’occuper de voix, de chœurs et arrangements vocaux sur son projet de nouvel album. C’est un domaine qui me passionne et dans lequel j’essaie toujours de progresser, et de transmettre, alors je me suis dit qu’il fallait tout de même essayer.
Je me suis posé avec lui devant un vieux piano pas tout à fait juste pour commencer à bosser les voix, et ce piano nous a inspirés… on a enregistré ce piano sur tout le disque, et j’ai finalement participé aux arrangements ou à la compo de tous les morceaux, en plus de l’accompagnement vocal… C’est devenu une collaboration intense et très riche ; je suis très fier de l’album qui en est sorti (« Valdevaqueros », sur lequel le cher Simon sus-cité a mis sa patte aussi d’ailleurs) et ravi d’accompagner Fred en tournée maintenant… J’ai même l’impression qu’on finit par s’entendre !


Sophie Hunger

Je ne peux pas dire que Sophie soit une amie, non, je suis plutôt une groupie ; mais cette anecdote est tout de même un de mes plus grands (et drôles, tendance doux-amers) souvenirs de tournée… Je suis donc un grand fan, j’adore sa musique, et son énergie, sa lueur de folie dans le regard. Voilà une artiste vraiment habitée, inspirée et inspirante, et elle s’entoure d’excellents musiciens, tous ses concerts sont des claques, comme cette session live par exemple. Bref, quand on m’a proposé de faire sa première partie, sur deux dates à La Rochelle et à Tours en 2015, j’ai dit « Oui, oui, oui », mais après je me suis rappelé que j’étais un très grand timide face à des gens que j’admire, et je ne savais pas où me mettre ; sur la route et en backstage, j’ai stressé comme jamais et je n’ai jamais réussi à lui parler… Par contre, sur scène à la Sirène, à La Rochelle, je lui ai fait une déclaration d’amour et je l’ai demandée en mariage… Elle était dans la salle, elle m’a dit qu’elle avait beaucoup aimé mon set (oui, elle, elle m’a parlé)… et elle m’a mis un magnifique râteau sur les réseaux sociaux le lendemain, en prétextant que j’étais déjà marié. Voilà, voilà !



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