[EP] Marion Elgé – Femme amazone

Avec ce nouvel opus, Marion Elgé replace la femme au centre de la relation, aussi bien amoureuse qu’amicale et sociale. Elle nous livre les clés de la compréhension des désirs du complément indispensable de l’homme, en exposant tout autant ses affirmations que les faiblesses dont celui-ci ne devrait jamais abuser. Une collection d’histoires vue selon l’âme de l’interprète, qui bouleverseront de nombreuses idées reçues et rendront à la beauté et au charme leur place essentielle et immuable.

« La Femme amazone ». Celle qui se bat et lutte pour sa survie et sa dignité. Celle qui s’impose pour exister. Celle qui se dévoile pour être aimée, telle qu’elle est. En baptisant ainsi son nouveau disque, Marion Elgé nous montre d’ores et déjà que ses chansons seront revendicatrices d’un statut trop souvent malmené ; sauf que, au lieu de choisir une certaine forme de violence pour parvenir à ses fins, elle séduit, expose et ne laisse aucune contestation possible à ses propos, portés par une instrumentation riche et amplifiant l’intensité des textes. Celle dont le visage apparaît couvert de peintures guerrières bleutées sera là pour s’affirmer, mais avec justesse et intelligence.

Ainsi, « Femme amazone » alterne les moments électriques avec d’autres, plus spacieux. Sur le titre éponyme, le constat est sans appel : « N’attends rien de ma capture, mon cœur est en cavale. » Un résumé bref, mais qui porte en son sein le discours poignant et bouleversant de l’art de Marion Elgé. « Si demain » interroge le futur alors que la musique, dansante et pulsative, nous laisse deviner ce que l’être aimé pourrait penser d’un lendemain trop arrosé et de promesses dues à l’ivresse, alors que « Non non non » lutte pour ne plus exprimer, en vain, le nom de l’absent. Faisant écho à « Femme amazone », lorsque le phrasé se fait parlé, « Icone » perd notre personnalité dans le virtuel, l’incapacité à se toucher ou le regret au moment de la rencontre dans le monde réel ; cruel, mais réaliste constat de l’interaction faussée entre les humains à l’instant où « La vie c’est quand », lourd et mélancolique, invoque les difficultés, les faiblesses que l’on ne désire pas affronter quand tout s’effondre. Le manque est omniprésent, omnipotent même, car toujours désireux de séparer les âmes sœurs ; quand celles-ci n’y parviennent pas toutes seules. Qu’est-ce que l’amour ? Qu’est-ce que la passion ? Demandez à celles qui ne sont pas d’ici, ces beautés intérieures, sensibles et physiques sans lesquelles, pauvres mâles, nous n’aurions aucune raison d’être.

La pop intelligente et sensitive de Marion Elgé intensifie d’autant plus l’impact inexorable de « Femme amazone », dentelle harmonique aux mille points et croisements. Là où, en prenant quelques secondes pour s’émerveiller, le contact à toutes les chances de se faire : naturel, spontané, vrai. Et c’est bel et bien cette véracité qui porte tout l’opus et que nous devons, quel que soit notre sexe, suivre à la lettre, de peur de passer à côté des plus beaux moments de notre bref passage sur Terre. Messieurs, rangez votre estime égoïste et sans issue ; et tendez une main douce et accueillante, pour une fois. La face du monde pourrait en être à jamais changée.

« Femme amazone » de Marion Elgé est disponible depuis le 25 septembre 2017 chez Spinnup.


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