Un soir à la Cigale : MaMA jour 3

Lieu parisien mythique, la Cigale accueillait pour la troisième soirée du MaMA la Française Robi, le Belge Daan et les Anglais d’Archive.

crédit : Solène Patron
crédit : Solène Patron

Parlons d’abord du cadre incroyable et théâtral de La Cigale. Le lieu en impose. On hésite entre ces places en balcon qui donnent à voir le spectacle d’en haut, la fosse face à la scène qui permet de vivre le concert entre passionnés, et au plus près des artistes, et les côtés qui surplombent la fosse à hauteur de scène. On choisira finalement la visite pour apprécier autant l’environnement que les concerts joués.

Robi ouvre cette soirée, animale et sensuelle. La grande brune jubile à l’idée de jouer avec ses deux musiciens : « Putain que c’est bon d’être ici ».
Valentin Durup à la basse et Bertrand Flamain aux claviers, guitare et percussions, ses partenaires de scène, l’accompagnent avec un engagement total.
Transcendante et magistrale, les mots me manquent tant sur scène Robi vit sa musique. Ici, chaque mot livré, chaque note jouée placent la Parisienne dans une transe presque démoniaque, assurément possédée. À se demander qui de la musique ou de l’artiste domine l’autre.

crédit : Solène Patron et Fred Lombard

Dans ce concert, aux allures de messe noire par moment, ses reprises en live « Lolita nie en bloc » de Noir Désir et « Il se noie » de Trisomie 21 complètent son propre répertoire vibrant.
Quelle émotion de découvrir en concert « On ne meurt plus d’amour », « Ma route » (sans Dominique A) « Tout ce temps » ou le formidable « Où suis-je ? » avec ce clavier hypnotique, cette basse entêtante et ce chant fascinant.
Robi a offert aux nombreux Parisiens réunis dans le lieu phare de cette troisième journée du MaMA 2013 un concert porté par la passion.

Au sujet du concert acoustique de Daan, on retiendra bien plus la formidable performance d’Isolde Lasoen, alternant percussions, carillon, vibraphone, trompette et chœurs avec une habileté déconcertante, que la prestation presque navrante du chanteur belge.
Une bière, certainement belge, pour seule consolation.

crédit : Fred Lombard
crédit : Fred Lombard

Enfin, le grand moment tant attendu de la soirée arrive.
Archive expérimente ce soir-là un concert sans batteur, fait unique s’il en est dans l’histoire du groupe. Douze titres touchants à toutes les époques et les formations seront joués dans une salle archi comble, où les fans ne se comptent plus.
Pollard Berrier, Dave Pen et Holly Martin prendront tour à tour les rênes du concert pour offrir au public du MaMA un concert mémorable.
Le départ est donné par Archive sur « Lights », le chant réverbéré de Pollard Berrier associé au clavier de Darius Keeler s’accompagne alors des cris de joie du public. Ça commence bien.

crédit : Solène Patron et Fred Lombard

Mais ce sera pour ma part suite au passage en lead singer de Dave Pen que je prendrais véritablement goût au concert. Son chant fou et habité croisé à ces ambiances trip-hop monumentales sur « Conflict » puis le sublime « The Feeling of Loosing Everything », au piano et au chant feront bien plus qu’émouvoir le public, mais le transcender.
Rendus à « You Make Me Feel » entonné par la ravissante Holly Martin sur les lourdes notes électros envoyées par Darius Keeler, on assiste clairement à un concert fabuleux. Que penser alors du frissonnant moment acoustique passé sur « Black & Blue » où son chant nous abandonne à nos songes ?
On finira cette soirée sur un rappel, avec le déchirant « Again » entonné par Dave Pen.
L’inclassable groupe anglais a encore offert au public parisien un concert formidable et chargé d’émotion, un moment extrêmement rare au regard de leur prestation live « presque acoustique », qui n’a assurément pas déplu.

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