[Focus] MaMA Festival 2020

Confiant quant à la tenue de sa 11e édition du mercredi 14 au vendredi 16 octobre prochain à Paris, le MaMA Festival & Convention réserve cette année, en raison du contexte sanitaire actuel, l’accès aux concerts et activités aux professionnels de la filière musicale. Côté live, pas moins de 80 concerts dans 7 salles partenaires se partageront cette année les nouveaux talents : FGO-Barbara, La Cigale et sa petite sœur La Boule Noire, Le Théâtre de l’Atalante, Les Trois Baudets, le Backstage By The Mill et la Machine du Moulin Rouge. Zoom non exhaustif sur les sensations musicales que nous y avons d’ores et déjà repéré.

Mercredi 14 octobre

Les Trois Baudets

Entre trap et pop française, l’ex-chanteur de VedeTT, Nerlov (12h20), se lance en solo pour egotriper sa poésie tranquille et mélancolique. Il ramène avec lui son pote Stav (13h10), ancien pilier du rap sale angevin décidé à laver son honneur à grands coups d’autodérision et de pop décalée.

Plus tard, changement d’ambiance avec le compositeur néoclassique hollandais REYN (19h30), venu pacifier son jeu virtuose, lumineux et aéré pour un moment de grande poésie. Et pas question pour le Belge David Numwami (20h45), fils spirituel de Daho ou Voulzy (on vous laisse choisir), de briser cette douce magie d’un tour de chanson pop langoureuse et pacifique, à l’écrin kitsch attachant.

Backstage By The Mill

Pas bien loin de là, au Backstage By The Mill, on pourra préférer une ambiance clairement plus électrique, empruntant autant aux musiques du monde, qu’au rock des machines. À l’instar déjà des excellentissimes et très classes membres de L’Éclair (18h30), réunion de six Suisses, cheveux dans le vent et looks décontractés qui marient avec créativité les racines du groove entre funk, jazz, disco, dub et synthés psychés. Ultra planant. Après eu, on recommandera sans une once d’hésitation Al-Qasar (19h45), pour un (heavy) rock oriental et progressif, à la croisée des musiques traditionnelles arabes (on y entend l’oud et la darbouka) et du rock psyché avec ses guitares fuzz et son orgue électrique. Et tant qu’à souligner l’un temps célèbre, « deux salles – deux ambiances », autant poursuivre le voyage avec Onipa (21h), fusionnant l’afro futurisme dans le son et le look à un groove sérieusement tropical. Il va faire chaud en salle !


Jeudi 15 octobre

FGO Barbara

Chaque année, le Grand Est ramène sa clique et ça claque ! Preuve en est cette année avec NCY Milky Band (18h30) quatre serial groovers – diggers, qui mêlent dans leurs compositions habiles le meilleur de la tradition soul, hip-hop et jazz. Basse, claviers analogiques et rythmiques suaves pour nous servir le meilleur juice from Nancy. So sweet.

La Boule Noire

Bastion de la scène rock dans Pigalle, on pourra découvrir à La Boule Noire Francis of Delirium (18h), duo alt-grunge luxembourgeois mêlant la fougue de Jana Bahrich et l’expérience de Chris Hewett, qui de 30 ans son aîné pourrait être son père. Mais aussi la franco-américaine Lee-Ann Curren (19h15), championne de surf et nouvelle reine de la disco-pop psychédélique qui n’en finit de glisser et Fantomes (21h45), princes du cool, biberonnés au grunge et à la power pop des 90’s.

Les Trois Baudets

Qu’on ne s’y trompe pas : derrière leurs visages d’anges, Mélissa et Guillaume d’Orange Dream (12h45) sont bien habités par le démon du rock. Un guitariste semeurs de riffs et une chanteuse batteuse incroyablement possédée, on ne résistera pas à l’appel du fuzz et de la réverb. Ambiance plus scintillante avec Paprika Kinski (13h35), disco queen de la nuit lilloise, aux mélodies langoureuses et so glamorous.

Père mutant du rap indé français, Arm (19h30) revenait l’an passé avec « Codé », son dixième album sombre et conscient, calme et puissant. Une claque monumentale pour les amateurs d’un rap actuel, endurci mais fort de sa compassion et de sa lecture de notre drôle d’époque. Autre talent majeur du label Yotanka, l’aventureux Octave Noire (20h45) aka Patrick Moriceau revenait quant à lui début 2020 avec son second album « Monolithe », propulsant son électro-pop aux confins des galaxies de la chanson française et d’un rock psychanalytique. Révélation du chanté parlé, l’enfant de Rodez, Lombre (22h) s’inspire dans ses compositions des nuances du noir du monument Pierre Soulages. De là, il précise une introspection lumineuse à travers son regard positif, vibrant. Fougueuse et hyperactive, l’expressivité scénique d’Andréas Touzé est remarquable.

La Machine du Moulin Rouge

N’y allons pas par quatre chemins, la new wave des Marseillais de Parade (11h) va casser le rock français en 2020. Chant grave et clinique, riffs et batterie conquérantes, rien ne semble pouvoir stopper l’ascension du quatuor français. L’un de nos immanquables de cette 11e édition du MaMA. Plus tard dans l’après-midi, Camilla Sparksss (16h), indispensable moitié du duo art-punk Peter Kernel, devrait offrir un live électronique absolument renversant entre culture noise, lo-fi, techno et pop, parfait pour donner le tournis aux non-initiés. Dans un tout autre registre, on avait adoré son duo complice avec Morgane Imbeaud lorsqu’ils reprenaient ensemble Simon and Garfunkel. Elias Dris (22h15) saura nous cueillir au milieu de la nuit parisienne avec ses mélodies folk électroniques ; sensibles et fantomatiques.


Vendredi 16 octobre

Théâtre de l’Atalante

La rencontre des voix occitanes et des percussions de Caroline Dufau, Maude Herrera et Lila Fraysse au sein du projet Cocanha (15h) est l’une des plus belles révélations dans un registre peu mis à l’honneur entre tradition et musiques actuelles. Célébration d’une musique percussive et d’une expressivité corporelle totale, l’incroyable force communiée et communicative de ces trois femmes transmet une fulgurante force de vie, rayonnante et battante.

La Cigale

Habité depuis toujours par une mélancolie de l’enfance, l’ex-chanteur d’A Call At Nausicaa, Jean Grillet poursuit sa quête d’une pop douce et rêvasseuse à travers son aventure en solitaire Chien Noir (19h). Des chansons au spleen heureux et jamais aux abois.

La Boule Noire

D’Holy Two (2012 – 2020), il n’en reste que les souvenirs. Ojos (18h), nouvelle aventure (totale) du duo rock formé autour du tandem Élodie et Hadrien, réussit le tour de force de reconstruire son identité en phase avec son époque ; celle d’une pop urbaine aux couleurs hispaniques. Une aventure qui démarre fort avec des premiers titres duels et percutants. On l’a découverte batteuse et percussionniste pour Moodoïd, également pour Aquaserge et Yuksek, Lucie Antunes (20h30), protégée du label InFiné sortait il y a tout juste un an son premier album solo « Sergeï ». Un disque spectral, grand voyageur, audacieux et totalement resplendissant. Une révélation permanente.
Du côté de Keep Dancing Inc (21h45), tout semble rouler pour Gabrielle, Louis et Joseph. Dans la veine de Juveniles, half.alive et Roosevelt, le trio indie pop parisien conjugue avec panache une new-wave excitante à une pop des plus rutilante. Ready set dance!

Les Trois Baudets

Comment pourrait-on parler en d’autres termes que celle de sensation (évitons le terme d’Ovni pour une fois) pour présenter Aurus (22h) ? Le Réunionnais Bastien Picot, échappé depuis quelques années déjà de 3SomeSisters (formidable quatuor qu’il formait, entre autres avec, Sophie Fustuc aka La Chica) brille, vibre de toute son audace, de sa pleine liberté, insaisissable. Sa musique est un laboratoire multiculturel qui ne connait aucune limite, là où le maloya rencontre l’électronique la plus agitée et décomplexée. Une bien belle idée de ce qu’est la pop.


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