[Live] MaMA 2015, jour 1

Depuis trois ans déjà, indiemusic s’associe au MaMA pour vous rapporter le récit, jour après jour, d’un festival pas comme les autres. 3 jours de musique, 120 concerts et 15 lieux emblématiques des quartiers Pigalle et Montmartre de Paris, nous font vivre le meilleur des musiques actuelles.
Dans la maigre lumière de l’automne, nous passons de bar en salle guidés par une feuille de route bien remplie. Il nous a fallu faire des choix – rarement évidents – face au grand nombre d’artistes programmés ça et là. Retour sur nos pérégrinations musicales au cœur du 18e arrondissement.

Shake Shake Go
Shake Shake Go

On ne l’avait pas prévu sur notre programme ; et pourtant, nous nous sommes laissés d’abord tenter par le pop-rock du sympathique Québécois Alex Nevsky ouvrant la soirée dans l’enceinte des Trois Baudets. Chaleureux et attentionné, le musicien à la barbe bien garnie sous son grand Stetson, présente à son public, d’abord constitué de fans conquis d’avance, ses chansons légères et faussement innocentes qui réchauffent les cœurs et séduisent par leur charme et leur malice. Un début de soirée empreint de légèreté.

Alex Nevsky par Fred Lombard

Nous prenons ensuite la direction du sous-sol du Petit Moulin, nouveau bar retenu par le MaMA pour accueillir quelques lives en début de soirée. Nous y retrouvons le trio parisien Einleit, emmené sur scène par son fascinant chanteur, Jun, à la mine concernée et à la présence habitée. Le prince d’une pop noire et possédée poursuivi par les démons électroniques envoyés à nos trousses par ses deux sbires, Gabriel à la batterie et Charlie, aux claviers et machines. Une prestation obscure et captivante.

Einleit par Fred Lombard

Après nous avoir fourni les plus grands frissons avec son folk mélancolique, on retrouve Nathaniel Rateliff sur la scène du Backstage by the Mill. Accompagné de son big band, The Night Sweats, le chanteur et musicien de Denver contamine le public avec sa fièvre soul, passionnée et habitée. Un registre totalement inattendu, au son hérité du célèbre label Stax. Les premiers rangs, endiablés, sont emportés par les véritables hits délivrés, avec autant de passion que de talent, par Nathaniel et son brass band de haut vol. Un concert remarquable et une prestation contagieuse.

Nathaniel Rateliff par Fred Lombard

Au Bus Palladium, la Toulousaine Jain nous a sidérés. Seule sur scène et à la guitare et aux machines, la jeune femme en robe noire, entourée d’un décor télévisé en noir et blanc, répartit sa voix chaude et captivante entre ses deux microphones, pour la reproduire à loisir à l’aide de ses machines. Pas impressionnée par un Bus Palladium plein à craquer, elle nous séduit avec ses habiles tours de passe-passe musicaux, jonglant avec talent et charme entre des compositions soul, folk, pop et world. Une rencontre réussie entre Lily Allen et Selah Sue et un univers musical délicieusement récréatif font de Jain un projet à voir et à revoir sur scène. Fascinant.

Jain par Fred Lombard

Le temps d’un changement de plateau et au tour du projet londonien Shake Shake Go de prendre place sur scène, emmené par la charmante Britannique Poppy Jones. Sur un set partagé entre ardeur et énergie, nous voilà happés par les mélodies chaleureuses et entêtantes du groupe franco-gallois. Dans le public, on chante, on frappe des mains, on s’émeut ou on écoute attentivement, tout simplement. Émouvant dans ses passages les plus complices ou emporté passionnément dans ses constructions énergiques, la formation pop parvient à nous captiver tout au long d’une prestation touchante et parfaitement amenée.

Shake Shake Go par Fred Lombard (1)

Pour terminer la soirée, notre bonne intuition nous pousse à retourner au Backstage by the Mill pour y voir le génial band parisien Papooz. Tous sourires comme des Jokers hilares, les cinq musiciens déploient une énergie dingue sur scène, attisée par la présence scénique généreuse de ses deux chanteurs complices. Glissant entre les genres (folk, pop, funk, blues) comme dans un toboggan magique, avec une légèreté incroyable et une présence scénique épatante, Papooz nous entraîne dans son monde bien à lui, duquel on ressort bienheureux et le sourire extra large. Un moment d’ivresse sans danger : la meilleure des thérapies actuelles.

Papooz par Fred Lombard


Retrouvez le MaMA sur :
Site officielFacebookTwitter

Partager cet article avec un ami