Jeudi 16 octobre, les premières heures de notre soirée nous amènent à explorer les cafés et bars de Pigalle pour découvrir dans le cadre de l’opération Live In Montmartre, quelques talents français et étrangers invités à y jouer.

Sur notre chemin vers l’Orphée, nous tomberons sur le Pigalle Country Club. Une halte s’impose, la Néo-Zélandaise Flip Grater y joue d’ici quelques minutes. Tombée amoureuse de la capitale française, et du quartier Pigalle notamment comme en témoigne le titre de son 1er album.

À la guitare, accompagnée de son contrebassiste installé juste sous un trophée de bouquetin et d’un batteur, parfois à l’harmonica, le concert témoignera d’un folk sobre, intimiste et paisible.
Un instant délicat où chaque morceau joué trouvera sa place dans le petit cadre du lieu bercé par ses lumières rougeâtres. Mention spéciale aux titres « Marry Me » et « The Quilt », en phase avec l’atmosphère intimiste du Pigalle Country Club jouant de la proximité entre les trois musiciens et leurs auditeurs d’un jeudi soir. Beau moment.
Une rue plus loin, rue Pierre Fontaine, on cherche l’Orphée jusqu’à passer devant le lieu sans même le reconnaître. Il nous faudra quelques minutes avant de trouver l’affiche de l’événement et qu’on vienne nous ouvrir pour accéder après un couloir d’appartement à ladite salle.
Le rendez-vous est pris avec The Wolf Under The Moon, projet « pop médiéval fluo » du Rémois Anthonin Ternant, également chanteur et musicien au sein de The Bewitched Hands.
Véritable espace d’expression dont la scène se voit délimitée par une large bande jaune fluorescente, le Roi Anthonin accompagné de deux complices sur scène, met en scène une histoire à la fois ludique et originale devant un parterre de spectateurs aux yeux écarquillés et au regard attentif et parfois surpris. Il faut dire qu’on n’avait encore jamais vu un tel spectacle.

Vêtus d’un patchwork de déguisements fluo, illuminés grâce aux lampes à UV placées de part et d’autre de la « scène » et de costumes noirs pour mieux se fondre dans l’obscurité, les trois complices d’une histoire délirante en plusieurs actes nous ont emmenés dans leur entre-deux mondes, où les rois déchus rencontrent les squelettes et les fantômes, trouvent l’amour au Royaume des Morts avant de ressusciter dans un Paradis ultra coloré. Un concert parfois drôle, souvent étrange, qui pourra, s’il n’effraie pas trop les enfants sensibles, ravir petits et grands rêveurs.
Après deux shows labellisés « Live In Montmartre », nous voici prêts pour attaquer notre programme du soir.
Nous qui suivons avec grand intérêt l’ascension pop des Parisiens de Bel Plaine depuis leurs débuts sans label jusqu’à leur signature récente chez Cinq7 aux côtés de Natas Loves You, nous qui les avions déjà vus l’an passé lors de la folle inauguration du Badaboum, il nous semblait important de profiter du MaMA pour observer les nouvelles directions du projet.

Premier constat d’un accompagnement par le label indépendant comme par l’équipe du centre FGO-Barbara, la pop du quintet parisien a très joliment gagné en puissance. Toujours emmené par ses deux chanteurs sous les feux des projecteurs, Morgan et Antoine, Bel Plaine mise avec raison sur des harmonies vocales qui font mouche et des mélodies pop entêtantes à l’image des déjà incontournables « Walter Castillo » et « Summer Ends », et du tube de demain « Life Boat ». Comme les ballons-mappemondes gonflés à l’hélium accrochés sur scène, on a eu l’esprit léger le temps d’une petite heure.
Après les futurs espoirs de la pop, place aux « vétérans » du projet franco-belge Applause, emmené par le très charismatique Nicolas Ly, showman habité.
Lumineux et captivant, le chanteur parisien vit sa musique sur la scène de La Cigale avec un véritable emballement, entre pas de danse et gestuelle maniérée et chorégraphiée. Parfois à l’excès, allant même poser les bras croisés comme les gros bras du rap US.

Malgré une présence scénique indiscutable, renforcée par un bel habillage fait de tubes lumineux verticaux, on n’aura pas franchement accroché à l’univers pop-rock un peu kitsch par moment (Wasted Town à l’allure d’un Thriller-like) malgré quelques bons titres dont les excellents « City Light » et « All About You », reflets de l’élégance pop certaine d’Applause.
Après une première fois aux 3 Éléphants où les 3 dingos de Vundabar nous avaient fait forte impression, on était tout excités de les retrouver ce soir sur la scène du Bus Palladium.
Si on peut très honnêtement pester sur le light show du lieu, usant et abusant de fumées et de lumières de fond de scène tamisées laissant la plupart du temps le trio rock dans l’ombre et un son vraiment trop fort, on préférera saluer l’énergie folle et l’humour certes potache mais très divertissant des infernaux Brandon, Drew et Zack.
Fiers défenseurs d’un 1er album à leur image : celle de trois musiciens à fond dans l’énergie, qui ne s’embarrassent pas de manières pour se donner corps et âme dans l’expression de leurs hymnes (heavy-punk-surf) rock devant un parterre de curieux.

Alors, oui , Brandon, chanteur et guitariste du groupe fait parfois un peu demeuré sur scène ; alors oui, le coup du « We’re from Boston, Massachussetts » peut devenir un poil ridicule passé la seconde fois, mais on s’amuse toujours autant auprès de ces trois grands-enfants terriblement attachants. Ceux là-mêmes qui n’hésitent pas à s’arrêter en plein milieu d’un titre pour prendre une gorgée d’un précieux nectar à base de houblon.
Mention spéciale aux imparables tubes survoltés « Holy Toledo » et « Greenland », clous d’un spectacle avant tout très fun.
Pour finir en beauté cette deuxième soirée du MaMA 2014, on s’est dit que Gush pourrait nous y aider. Retour donc au Divan du Monde. Ceux qu’on connaît depuis 2009 grâce à leurs (excellents) premiers singles « Let’s Burn Again », « No Way » et « Dragster Cowboy » revenaient en début d’année avec un second album, « Mira », au virage électronique marqué. Même si ce dernier ne nous avait pas autant emballé qu’à l’époque d' »Everybody’s God », on avait eu bon vent de la réputation scénique du quatuor Yvelinois.

Nous n’avons pu voir que les derniers titres du set, un bout du génial « Let’s Burn Again », tube parmi leurs tubes, le clinquant « Night’s Out » au jeu de batterie dominant conclu par un « Everybody’s God » franchement longuet. Difficile de se faire un avis totalement éclairé (malgré l’imposant « ventilateur » de leds placé en fond de scène en référence à la pochette de l’album « Mira ») sur cette prestation en quelques titres, mais il semble évident qu’on tient définitivement au charme des premières compositions bien plus qu’aux nouveaux singles. La scène ne trompe pas.
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