Malo et Bumpkin Island à la Dame de Canton

Septembre et c’est la rentrée. Après les festivals, il est temps d’en revenir à nos premiers amours. Repartir à l’aventure dans les salles parisiennes. Et si il y en a une qui me tient à cœur, c’est bien La Dame de Canton. Revenir sur ce plancher qui vit des aléas de la Seine et de ses vagues. Alors ce jeudi soir, on y est parti. Ça tombait bien Malo et Bumpkin Island étaient là, eux aussi.

crédit : Solène Patron
crédit : Solène Patron

Ce que disent les yeux de Malo, on ne le sait pas. Tellement les boucles blondes retombent sur le visage du garçon. C’est un corps frêle derrière une guitare qui donne les sens. Un corps seul. Un corps habillé de noir, qui se tend et se crispe, s’accroche aux cordes. Et c’est un jeu convulsif et sec qui est offert au très rare public de La Dame de Canton, ce jeudi soir.

Quand il chante, on se demande d’abord d’où vient cette force. D’où vient cette puissance ? Puis la voix fait taire les questionnements et nous fait ressentir la chose.

Malo emmène sa voix là où ses sentiments courent. Tout n’est pas paisible. Tout n’est pas un no man’s land. Mais tout est infiniment doux. Dans la bouche du garçon, on touche nos entrailles, mais rien n’écorche. C’est une plaie qui semble plus apaiser que blesser. Abandonnant sa guitare, pour s’abandonner au piano et révéler un morceau qui marche dans les empreintes d’un Hallelujah à la Jeff Buckley.

Malo fait un peu partie de ces garçons-là, des mélancoliques qui prennent le temps d’apprivoiser leur cœur. En tout cas, c’est ce que la musique laisse entendre.

crédits : Solène Patron

« On sera bientôt plus sur scène que dans la salle ». Voilà, ce qui s’échappe de Bumpkin Island à leur début de concert. C’est vrai et c’est dommage. Pas grand monde ce soir pour écouter les jolies mélodies du groupe rennais. Mais tant pis, car ce concert sera pour nous. Rien que pour nous. Petit moment rare et éphémère.

Les Bumpkin Island sont six et le nombre fait la cohésion. Au fond de la Dame, ils se serrent. Les instruments, les pédales et les câbles courent partout au sol. Un peu plus haut, les corps se toucheraient presque. Il y a cette proximité qui crée une chaleur, un cocon, une sensation de bien-être. C’est doux et c’est bon. Pourtant derrière gronde la pesanteur. Mais là, où la tension se fait trop présente, les notes perchées du xylophone adoucissent les traits obscurs, assagissent les cuivres funèbres. Le groupe joue des crescendos et à plusieurs reprises amène l’assistance à toucher l’apogée d’une musique qui se perd entre nuances folk et pop rock, aux touches parfois expérimentales et sonores. Mais qu’il est bon de se perdre dans un tel paysage.

La musique se joue de souffle, de montée, d’entrain et de réelle communion. Alors quand on s’accroche à la voix, c’est cette aventure qui continue. Car le chant se décline d’abord à plusieurs : il y a les chœurs, les voix masculines, il y a cette amie invitée sur scène pour deux morceaux.

Mais celle qui tient véritablement les rênes c’est Éléonore. Une jeune fille qui se sent peut-être un peu mal de ne pas voir ses compagnons, restés dans son dos, alors qu’elle est au-devant de la scène, derrière ses claviers. Elle a la voix qui fait penser à celle de Julia Stone. Une voix qui va où bon lui semble, qui sautille sur la musique. Qui va chercher les douceurs comme les choses plus graves.

crédits : Solène Patron

Quand le concert touche à sa fin, le public est toujours très disparate. Alors pour deux derniers morceaux, les voilà, à venir s’installer au milieu de la salle. L’ambiance est celle d’une guitare autour d’un feu de cheminée. Quelque chose de très naturel, de très charmant.
En acoustique, Bumpkin Island nous offre de quoi embellir nos nuits et nos rêves. Un instant très pur.

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