Quand Malca envoûte l’OPA

L’OPA fait partie de ces bars qui proposent une scène de qualité. Scène de qualité et gratuite! Où il fait bon de traîner les pieds. À quelques mètres de l’Opéra Bastille, se dire qu’on n’a pas besoin de grandes tenues et d’un portefeuille pour voir une performance de qualité. Et puis ce soir là, ce 17 mai 2013,je ne sais pas ce qui se passait dans la salle de l’opéra, mais je peux vous dire que le maestro, il était bien à l’OPA.

Malca OPA

Quand je l’avais découvert à la Dame Canton, je lui avais trouvé des allures de roi. Prince des sables. Hier soir, à l’OPA Bastille, Malca était un alchimiste.

Après une première partie menée par Clint Is Gone, duo folk guitare/violoncelle, Malca a envoûté le public. Chaleur et groove circulaient dans la salle. Chaleur qui fait se bomber la poitrine et se redresser. Chaleur qui a fait que le public était debout. Balançant son bassin. Dansant. C’était électrique et sauvage. Les cris d’excitation que crachaient certains corps dans la foule faisaient échos aux murmures sensuels du chanteur. Malca a répandu ses poudres magiques avec brio. Les bras ouverts cherchant le public. Poussant le public dans un commun accord. Plonger dans une musique. Puis haleter. Un halètement qui nous prend, mais pas celui de la peur, pas celui du sanglot celui qui vient juste avant le plaisir.

Sur scène, ils sont cinq. Chant, clavier, basse, batterie et guitares. Et la musique prend l’espace. Ça laisse place à la rythmique de la basse/batterie. Ça joue avec les pauses, les rythmes entêtants et percutants. Ça joue avec notre corps. C’est tantôt posé et puis ça accélère! Surprenant. Équilibre d’un concert qui a joué aux montagnes russes. Partant des contrées soul, pour arriver à quelques choses de plus écorchant et écorché. De plus rock. Malca sait mêler ces univers. Naturellement. De la même manière,  il amène sa voix où bon lui semble.

Malca

Une voix qui a la température de ces parures qui ont réchauffé des corps. Une voix qui marche sur un fil, mais qui, jamais, ne tombe. Jamais ne se risque à tomber. Tant la précision semble avoir construit sa musique. Malca et ses notes semblent plutôt s’envoler. Une voix qui pourrait bien être ce souffle qui passait de corps à corps. Il a quelque chose en lui du chaman guidé par les tambours indiens. Au son calme des tam-tams. Sa voix s’étoffe d’effets, de vocalises. Il murmure, récite, se déchire et sourit. Indéniablement, il prend son pied à offrir sa musique.

Lors de son concert à la Dame de Canton, la jonque chinoise lui avait proposé une interprétation des Beatles. Cover qui l’a suivi jusqu’à l’OPA . C’est un « Get Back » méconnaissable que le groupe nous propose. Pour ce qui est des autres titres, il y a le très extraordinaire « Release my soul ». Qui est une suite de sentiments et de sensations. Mêlant douleurs et sérénité. « Shameless » et d’autres, des pépites de musicalité et d’émotions qui se retrouveront dans un EP qui sortira en septembre.

En attendant, il serait bête de ne pas aller le retrouver dans un concert. Car il est sûr que là, face à lui, vous ne pourrez que recevoir.

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Juliette Durand

étudiante en cinéma, arpenteuse des scènes parisiennes et passionnée des musiques qui prennent aux tripes