Rencontre avec Mai Lan

A l’occasion de son concert attendu au Chabada, j’ai pu interviewer la très charmante Mai Lan, dont le premier album éponyme sorti il y a quelques mois dévoilait un univers contrasté entre un teen folk doux et séduisant et un rock pop des plus toniques. Place à la rencontre avant le show !

crédit : Lisa Roze
crédit : Lisa Roze
  • Bonjour Mai Lan, à la veille de ton concert au Chabada, as-tu déjà eu l’occasion de jouer dans la région ? Et si oui, de quel accueil te souviens-tu ?

On n’est encore jamais venus à Angers, mais on est déjà allés 2 fois à Nantes, pour des premières parties d’Izia et Oxmo, c’était génial !

  • Les deux premiers titres de ton premier album « Easy » et « Schumacher » sont en anglais alors qu’on a pu te découvrir quelques années plus tôt avec « Gentiment je t’immole » titre trash et marquant du film Sheitan. Défendre des titres en anglais te semble-t-il plus facile aujourd’hui ?

Pas vraiment, je chante en anglais parce que c’est la langue de 90% de mes influences musicales, ça me vient naturellement. Ensuite je dirais que l’anglais est plus difficile à défendre ici parce qu’on coupe les gens du sens des textes et du coup on perd l’attention qu’il aurait pu y avoir là.
De plus, les radios jouent très peu de titres en anglais. En ce qui concerne Gentiment je t’immole c’est une chanson à part, totalement indéfendable nulle part! Et c’est ça qui fait qu’elle est aussi cool…

  • Les titres de ton premier album éponyme derrière leurs ambiances pour la plupart légères cachent-ils des messages plus durs, plus violents comme tu as pu le faire par le passé ?

Peut-être… il y a eu beaucoup d’inconscient dans l’élaboration de cet album, je n’ai pas encore tout compris moi-même, je pense que chacun doit pouvoir s’approprier mes chansons comme il l’entend et y trouver le sens léger ou grave qu’il veut.
J’adore discuter avec les gens et découvrir leur interprétation de mes textes, ça m’aide parfois moi-même à me comprendre!

crédit : Lisa Roze
crédit : Lisa Roze
  • Je trouve que ton album puise autant dans les Tings Tings que dans un univers pop folk teen à la sauce Juno, voire Yelle notamment sur les huitres. Ce sont des influences que tu revendiques ?

Aucunement! Ni les Ting Tings, ni Yelle, peut-être un peu Juno dans le côté nature et un peu gauche.
Par contre ce qui est probable, c’est que nous ayons les mêmes influences puisque nous sommes de la même génération de ceux qui ont connu les années 80, 90 et qui ont été ouverts depuis la plus tendre enfance à plein de courants musicaux à la fois comme le rap, le début de l’electro etc..

  • Ton premier album est principalement folk pop (Easy, Dai Dai, Sanctuary, Mon Petit Amoureux) mais on trouve également des titres plus électriques et rock n roll comme Schumacher et Countrille. Conserver cette alternance de titres doux et de titres énergiques tout au long du disque, c’est un moyen pour toi de montrer à celui qui t’écoute que tu refuses les étiquettes qu’on pourrait te donner ?

Exactement, je ne voulais porter aucune étiquette. C’est assez réussi !  Je savais que j’avais une voix avec du grain qui est joli dans la douceur et la proximité, mais j’avais aussi envie de hurler, de rapper. En fait, j’avais envie de tout et Max Labarthe (avec qui j’ai composé l’album) aussi, donc cet album est un peu l’expression libre de tout ce qu’on avait envie d’explorer sans aucune retenue!

  • J’aime beaucoup la pochette de ton disque. C’est né d’une idée personnelle ? L’univers marin, c’est en référence à ton titre les huitres ?

Mai Lan - Mai Lan

Oui cette idée vient de moi, j’en suis assez fière. Le challenge était assez difficile à la base : il fallait me présenter et présenter mon album qui est composé de tous ces titres si différents les uns des autres. J’ai trouvé cette solution : me présenter presque à nu entourée de tous ces petits éléments qui sont évoqués dans les chansons. Des bouts de bois, des petits cailloux, des crayons de couleur, des cactus, des petits ossements, des pistolets, des chrysanthèmes, des crabes, des huitres ! C’est très graphique les huitres, c’est pour ça qu’on dirait un plateau de fruits de mer !

  • D’ailleurs, as-tu des titres que tu aimes particulièrement sur ce disque, qui ont une histoire particulière comme des titres que tu aurais écrit bien avant ce projet d’album et que tu as ressortis d’un tiroir ?

Oui, « Easy ».
Il n’était pas dans le tiroir mais plutôt posé sur la commode, on a toujours su qu’il allait lui arriver quelque chose! Ce titre est né lors d’une soirée tranquille avec Max, on s’enregistrait sur une pédale boucleuse comme on le faisait souvent et on a inventé ce petit refrain entêtant…

  • Pour le moment, tu as beaucoup communiqué autour de ton premier titre « Easy » à travers un clip très léger et fun. Est-ce qu’un autre titre est prévu en clip prochainement et restera-t-il sur le même ton ?

Oui, le prochain clip est en cours d’écriture, ce sera pour « Les Huitres ». On reste dans le même esprit parce que cette chanson est fun ! Ce serait différent si il fallait clipper « Chrysanthèmes » qui est beaucoup plus deep.

  • Peux-tu me parler de la piste cachée de ton album, « Nao Ve Nao De » ? Quelle est l’histoire de ce titre ? Est-ce un titre personnel ?

On a écrit ce titre avec Antonio Sodre Schreiber qui est notre ami d’enfance (on était tous les trois dans la même classe avec Max et Antonio en CP !). Il vit au Brésil et revient en France régulièrement. Moi, j’ai un grand amour pour la bossa, alors dès qu’il est là, on lui saute dessus pour faire une chanson. Nao Vê Nao Dê raconte un passage de folie qu’il a traversé. Dans le refrain, il enchaine des assemblages de mots incohérents pour nous, mais qui pour lui avaient beaucoup de sens alors.

  • Sur scène, Mai Lan fonctionne en formation intimiste (guitare voix) ou avec de nombreux musiciens ?

On est trois, avec Max Labarthe et Rémi Alexandre qui s’échangent tous les instruments, on arrive à avoir un rendu assez produit en lançant des séquences au pad. On garde le côté « bricolé » de l’album.

crédit : Lisa Roze
crédit : Lisa Roze
  • La tournée, c’est un moment où tu t’autorises l’expérimentation autour des titres de ton album ?

Oui, par exemple,  on a revisité « Mon petit Amoureux » pour le live qui est une chanson-comptine assez douce dans l’album. On a travaillé une version beaucoup plus électro. On était tellement contents qu’on l’a enregistré, elle sortira très prochainement…

  • Penses-tu d’ailleurs déjà à ton prochain album ou as-tu déjà quelques titres composés en vue d’un projet futur ?

On commence doucement à y réfléchir, il y a déjà quelques pistes. Sinon j’ai un side-project dont le premier EP vient de sortir, ça s’appelle Little Freaky Things. C’est un projet électro en collaboration avec Donovans.

  • Pour finir, comme tu l’avais fait sur le film de ton frère, t’a-t-on contacté pour proposer des titres originaux sur un autre film ?

Pas encore mais ça me plairait beaucoup !

  • Merci Mai Lan et à ce soir pour ton concert au Chabada !

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Un remerciement particulier à Adrien Guingand de 3e Bureau qui a pu rendre cette interview possible.

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