[Live] Luciole aux Trois Baudets

Le temps a paru bien court, et pourtant ; on ne saura plus jamais percevoir la musique de Luciole de la même façon, tant sa présence et son dévouement sur scène émeuvent et passionnent. Des minutes irréelles, des peintures à l’eau qui noient les émotions pour mieux les saisir et faire opérer le charme des images qui défilent devant nos yeux.

crédit : Vulcan Photographie
crédit : Vulcan Photographie

Embarquer dans un bateau de papier, fragile et délicat. Regarder, droit devant, un spectacle d’ailleurs, qui n’a rien de commun ; qui transporte et transforme, là où le paraître d’un don de soi sur scène devient l’être, le dépassement, la fortune souriant à l’audacieuse. Il est difficile de décrire ce que Luciole offre, en étant tout simplement elle-même ; en transformant la sobriété en passion et fascination pour ceux qui la contemplent, l’observent, puis se noient dans son regard, dans ses mouvements simples et saccadés qui revêtent rapidement les atours d’une chorégraphie dans l’Éther et le ciel.

De celle qui nous confie sa volonté de laisser vivre les chansons de son magnifique nouvel album, qui nous remercie de porter à notre tour ce radeau destiné à des contrées miroitantes et azurées, on retiendra surtout ceci : une totale harmonie et admiration face à sa fragilité, alors que celle-ci se métamorphose sous nos yeux en véritable langage, unique et splendide.

Et pourtant, oser débuter son tour de chant (car c’est bien un tour que nous faisons à ses côtés, dans ses paysages à elle seule) par « Glacée » relève de la fausse piste ; la chaleur de sa voix nous berce immédiatement et fait couler quelques larmes dans nos yeux. Luciole est autre, sur les planches : elle est effectivement une, prenant son rôle à bras le corps et caressant le public de ses doigts délicats, du velours profond de son timbre. L’errance se poursuit entre instants de rythmiques prononcés et affirmés, puis moments intimes et sensibles, comme la soie la plus confortable et réconfortante.

Elle laisse la part belle à ses envies, échange avec ses musiciens entre complicité et complémentarité, s’accorde des confidences avec ceux qui sont venus la voir. Elle part en quête de son grelot, baptisé affectueusement Michel, puis, quelques minutes plus tard, alors que le concert est sur le point de s’achever, s’invite dans le public pour inciter à la danse. Elle offre les chansons de son nouveau disque et les sculpte sous nos yeux, leur donnant vie et nous les confiant pour que nous puissions relayer ses passions, qu’elle nous donne en toute confiance.

crédit : Vulcan Photographie
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Alors, que retenir de ce petit bout de femme qui semble aussi fragile que la plus belle des roses et aussi forte que l’orage le plus salvateur ? Sans doute les ombres qu’elle projette, qu’elle orne d’un rideau de lumières discrètes, mais en occupant l’espace qui lui est confié. Luciole, pénétrée et habitée par chaque mot, n’a pas peur. Aucune crainte de se perdre face à nous, de laisser la confidence prendre le dessus pour mieux nous ancrer dans son port, alors que l’on accoste après une heure d’une croisière à la fois apaisante et mouvementée.

crédit : Vulcan Photographie
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Poète de ses vies multiples et de celles de ses proches, elle guide, nous aide à traverser l’hiver et les tempêtes, avant de nous asséner ce trait si particulier de sa personnalité : elle n’est définitivement pas plusieurs. Elle sème les bateaux de papier sur son chemin, les fortunes des vents qui les porteront, avec nous, entre nos mains. Et devient, pour chacun d’entre nous, la sirène qui nous guide et nous fait retrouver nos repères dans les ténèbres, entre féerie et humanité. Un feu de cheminée alors que le blizzard souffle au dehors. La flamme d’une bougie dans le noir. L’éternelle lumière sur nos routes obscures.


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