Lomepal – Cette foutue perle

Puisque Lucio Milkowski a ouvert la porte, je m’engouffre dans la faille pour faire entrer le rap français dans les pages d’indiemusic. Remettre les compteurs à zéro et défendre une culture hip-hop qui en vaut le coup. Débarrassée de fausses idées, elle transpire la fine idée. Des samples et du flow pour faire vibrer la musique indépendante.

Lomepal - Cette foutue perle

Et là, qui de mieux que Lomepal et ses trois derniers EP gratuits pour faire briller l’indépendance. « Cette foutue perle », le titre de l’album, est assez révélateur du projet. De la quête, du travail de forcené, pour arriver à la pépite tant fantasmée. Pour sa première galette, l’emcee pose son flow sur huit pistes des plus précises. Derrière les prods, c’est Meyso qui se cache. Un seul beatmaker pour trouver cette unité. En effet, le projet semble être façonné comme une seule et même histoire. Puisque « Roule » ouvre l’album, le titre a la mission d’annoncer la suite. Lomepal promet de l’introspection. A son tour de raconter des histoires. En l’occurrence ça sera la sienne. Entre Paris et Bruxelles.

Histoire d’un rap qui use les rues et les bitumes. Mais plutôt côté vagabondage urbain qu’inertie de hall. Plutôt en solitaire qu’en meute. L’ensemble est littéralement textuel. Pas question de s’assoupir, car ici à peu près toute prose est magistrale. « Je ne sors pas » en est peut-être le meilleur des exemples. Lomepal se veut introspectif sur son rapport à la feuille blanche. Renfermement mental et physique et c’est une trompette des plus amusée qui ouvre la porte. Les prods qui parcourent l’album sont à cette image : légères sans en être faciles. Nonchalantes comme fougueuses. Ce qu’il faut pour laisser le phrasé méticuleux de Lomepal cheminer.
Donc introspectif, sans pour autant sombrer dans un égotrip gras et go fast, l’emcee remet les pendules à l’heure sur l’état du rap. Quand arrive « Cette foutue perle », Lomepal balaye plutôt une société, qu’une chambre où tous les textes sont grattés. Car au-delà de son histoire, le projet est assez révélateur d’une culture hip-hop qui tente encore de briller, en esquivant ceux qui lui font de l’ombre. Lomepal n’y va pas par quatre chemins : « Les rappeurs parlent de longues rimes, non, confondez pas avoir le chargeur plein et savoir bien viser ».
« Cette foutue perle » n’est pas seulement un cheminement solitaire et urbain, mais aussi l’occasion de voir des featurings qui en valent carrément le coup. Dès la deuxième piste, Lomepal s’autorise à sortir des sillons de l’album et pose son flow accompagné de Vidji, L’Essayiste et Jean Jass, sur « À ce soir ».

Ou plus loin au côté de l’Espiem sur une « Ville Fantôme » qui clôture si bien l’album. Les flows ricochent contre les murs parisiens et l’asphalte des grands boulevards ; les deux gars semblent, dos à dos, établir le bilan d’une vie qui transpire le rap. Même en solo, le hip-hop est une famille. Pieds de nez d’une course en solitaire.

Lomepal

« Cette foutue perle » de Lomepal est sorti le 9 septembre 2013.

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cettefoutueperle.com

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