[Création #4] Lombre

Enfant du Midi, Andréas Touzé cultive une tendre attirance pour la nuit. Ce territoire où les clairs-obscurs mouvants se dessinent dans la pénombre, lieu d’un imaginaire fragmenté entre les poussières du réel et les beautés crépusculaires. Ses pensées vagabondes, ses échappées noctambules en sont les témoins. Dans sa manière de peindre le réel avec tous ses contrastes, à travers un flow des plus incisifs et réalistes, énoncé avec allure, se faisant le parfait allié d’orchestrations passionnées, le jeune rappeur de 23 ans évoque aussi bien le réalisme bouleversant de Ben Mazué (« La Colombe ») que le tempérament de feu de Georgio (« Espoir Noir »). On s’attache comme rarement à la personnalité et à la plume du parleur de Rodez, qu’on sait d’ailleurs aussi fulgurant danseur, pour son habileté à lier et manier les mots avec souplesse, élégance et cadence, servie par une impeccable diction. Alors que son nouvel EP, « La lumière du noir » s’apprête à voir le jour, Lombre nous ouvre les portes d’une passionnante visite guidée.

crédit : Kévin Spadafora

La lumière du noir.
C’est le nom que j’ai choisi pour mon 2e EP à sortir le 10 septembre 2020.

Parce que je suis convaincu que le noir, considéré par la plupart des gens comme trop négatif et trop plombant, peut en réalité se mettre au service de la lumière qui brille. Comment être heureux si on a connu que la joie dans sa vie ? Il me semble que pour apprécier la clarté, les rires et le bonheur, il faut avoir côtoyé la noirceur à un moment donné. Pour moi, y être confronté est primordial en tout cas, et c’est pour ça que j’ai voulu que ce nom, « La lumière du noir », illustre ces 6 titres.

J’en ai d’ailleurs fait un morceau aussi. Ça m’inspire tellement que cette lumière du noir, j’ai voulu l’écrire. Je suis même allé plus loin en rendant un « hommage » à un artiste peintre mondialement connu et originaire de ma ville. Pierre Soulages a rendu célèbre cette philosophie bien avant moi. On retrouve d’ailleurs des samples de sa voix tout au long du titre. L’idée dans la structure était d’argumenter ses propos par des couplets, par mon point de vue. Je voulais une évolution constante dans ce morceau, pour rappeler la perpétuelle évolution de perception que l’on peut avoir quand on observe un « outrenoir » de Pierre Soulages.

Sur cet EP, il y a aussi des histoires, du storytelling. À la base, « Quand la ville dort encore » est parti d’une inspiration matinale alors que j’assistais à un lever du jour et du soleil offrant des couleurs magnifiques. C’est à ce moment que j’ai écrit « Quand la ville dort encore, le ciel rosé fleurit peu à peu » et s’en est ensuite suivi le reste du texte en studio. Puis il y a aussi « La Colombe » qui raconte l’histoire d’une personne qui s’en va ou qui vient d’ailleurs, mais, en tout cas, qui s’envole vers une certaine liberté. Je ne sais même pas moi-même si ce titre parle d’une mort ou d’une naissance. Je me suis dit que la sensibilité de l’auditeur ferait ce travail pour moi. En tout cas, ce titre est illustré par de magnifiques cordes de Clément Libes et j’en suis vraiment dingue.

Ces cordes de Clément, on peut aussi les retrouver sur d’autres morceaux, comme « Crypté » qui traite de ces barrières que l’on se fixe souvent dans nos vies et qui, selon moi, nous privent de la réelle expression de nos âmes… Dire à l’autre qu’on l’aime, c’est important, non ? Mais paradoxalement dans ce titre, je parle et défends aussi les jardins secrets. Ces jardins d’expression qui nous sont chers et qui nous aident à grandir. Seuls dans notre ascension personnelle.

Et comment ne pas parler d’espoir… Celui qui nous fait vivre. Vous remarquerez que j’y fais référence sur chaque titre. Ça m’est très cher, et mon histoire personnelle en est une preuve. Pour aller plus loin dans cette quête, j’ai écrit « Espoir noir » qu’on a illustré avec Clément Libes et Léo Bouloumié d’une façon plus lumineuse que les autres morceaux. On s’est dit que ça pourrait potentiellement être le titre fort de cet EP, et c’est un morceau que j’adore partager avec vous sur scène.

Pour finir, j’ai décidé d’ouvrir l’EP avec « Lombre », un titre qui explique le pourquoi du comment. Vous comprendrez vite en l’écoutant…

J’ai mis deux ans et demi pour réaliser cet EP, en passant par des moments de doute, des remises en question, une quête d’identité artistique. Là, j’y suis et Dieu sait que j’en suis heureux. Je ne pourrais jamais assez remercier Clément Libes (Kid Wise, Bigflo & Oli…) qui a accepté de travailler avec moi pour réaliser ces 6 titres qui me collent tellement à la peau. J’espère que toi qui lis cet article pourras percevoir toute la sincérité que j’ai mise dans ces notes et dans ces mots. Et si un jour on se croise, je t’invite à venir me voir : j’aurai à cœur d’échanger avec toi sur la vie, cette vie que je tente de mettre en lumière dans ce disque et dans mon projet.

Lombre –

« La lumière du noir » de Lombre, sortie le 10 septembre 2020 chez Ulysse Maison d’Artistes / Sony Music.
Découvrez son concert au Crossroads Festival mercredi 9 septembre à 21h50 depuis notre page Facebook et rendez-vous au Pop-Up du Label, jeudi 10 septembre à 20h pour la release party de son nouvel EP.


Retrouvez Lombre sur :
Site officielFacebookTwitterInstagram

Partager cet article avec un ami