[Single] [Exclusivité] L’Ombre – Castaway

Alternant instants crépusculaires et envolées fulgurantes et électriques, L’Ombre signe, avec « Castaway », une piste remuant le folk pour lui donner des apparences à la fois sombres et éblouissantes, mariant les instruments dans un sabbat mélodique d’une beauté foudroyante.

Se confronter à ses propres démons, s’opposer à sa lâcheté pour mieux l’étreindre et la sentir disparaître à force d’exils solitaires et de réflexions intérieures tumultueuses. L’Ombre nous affronte. L’Ombre nous guette, scrute nos mouvements comme il a appris à regarder les siens, les gestes futiles et les actes manqués, les mains tendues et faisant trembler les guitares et les voix qui, d’abord discrètes, s’imposent et éclatent, succédant au sifflement discret d’un esprit murmurant à l’oreille de l’être rejeté que le jour se lève, qu’il est temps. Le duel guitare-chant qui introduit « Castaway » prouve cette dichotomie dans son appréhension du spectre sonore, ces deux versions d’un seul et même être dont l’éveil correspond à un conflit pour survivre dans un monde où règnent incompréhension et intolérance.

Puis tout jaillit, tout bouge, tout s’écroule pour mieux être reconstruit. Les instruments, assoiffés et sur la défensive, laissent sortir ce qu’ils ont de plus viscéral, de plus colérique, amenant le titre dans des vallées escarpées où l’écho des souffrances se répercute sur les parois de montagnes érodées par les éléments et condamnées à la sécheresse d’un piano final dont la présence fait battre le cœur encore meurtri et incompris de l’exilé, du naufragé qui demeure en chacun de nous. En un peu moins de cinq minutes, L’Ombre impose une vision musicale exceptionnelle, d’une force émotionnelle nous faisant frissonner et attendre impatiemment la suite de son périple. Une quête que l’on s’imagine avant tout existentielle, nous cueillant dans le caniveau pour nous mener vers les ultimes lueurs du crépuscule.


Retrouvez L’Ombre sur :
Site officielFacebook

Partager cet article avec un ami