Local Natives au Grand Mix : rock et percutant à plus d’un titre

Le jeudi 7 mars 2013, le Grand Mix se pose une question existentielle en attendant les Local Natives : est-il possible de vivre deux grands concerts deux soirs d’affilée ?

Local Natives

La veille, Villagers a plus que rempli le contrat en livrant un concert presque parfait. Et pourtant, pour Local Natives les attentes sont peut-être encore plus grandes, en témoigne le carton qui indique « sold out » sur la porte d’entrée du Grand Mix. Une certaine tension est même palpable dans la salle. A l’accueil, où je récupère mon pass photo, c’est bien la première fois qu’on me dit « surtout déconnez pas, les 3 premiers titres sans flash et rien d’autre, on nous a répété la consigne tout l’après-midi ! » Ok…

Local Natives

Cette tension, elle n’est pas perceptible quand les Local Natives entrent sur scène, ou alors elle se traduit en pure énergie rock. J’avais déjà vu les Local Natives à l’Aéronef dans le cadre du festival des Inrocks, et je n’avais vraiment pas le souvenir d’une telle énergie sur scène ni de guitares si électriques. Ça part donc très fort. Par ailleurs, je n’ai jamais vu autant de lumière sur la scène du Grand Mix, ce qui fait très égoïstement mon bonheur de photographe. Pourtant, un truc cloche en ce début de concert. Le son n’est pas très bon. J’essaie d’identifier d’où ça vient, sans succès. C’est vraiment dérangeant, et la comparaison inévitable avec Villagers la veille fait mal. Au 5e morceau, Matt Frazier, le batteur du groupe, fait signe à la régie de baisser la basse. L’effet est immédiat, le son devient nickel et le concert est dès lors sur des rails. Taylor Rice se dandine, se contorsionne avec sa guitare. Kelcey Ayer pousse sur sa superbe voix derrière ses claviers.

Local Natives

Le set est essentiellement basé sur les titres du denier album, Hummingbird. Le public apprécie mais marque encore plus son contentement quand viennent des titres comme Warning Side, leur reprise des Talking Heads, ou leur tube Airplaines. Taylor Rice s’arrête un instant pour remercier le public et rappeler le premier passage des Local Natives au même Grand Mix en 2010 devant une salle à moitié pleine seulement.

Local Natives

Comme la veille, c’est la surprise quand le groupe sort de scène. Personne n’a vu le temps passer, ce qui est un gage de réussite et de qualité (en même temps, le set n’a duré qu’une toute petite heure). De mon côté, je commence à angoisser : les Local Natives vont-ils jouer Who Knows Who Cares, ce titre qui m’avait littéralement donné le frisson lors de leur passage à l’Aéronef ? Bonne nouvelle, le morceau arrive en 2e titre des rappels. Je me prépare à vivre un grand moment. Oui, sauf que quatre types complètement ivres débarquent en fendant la foule pour mieux danser devant la scène. Jusque-là rien de bien méchant. Sauf que je vois bien que les types s’échauffent pour un pogo. Et un pogo à un concert de Local Natives, c’est un peu comme une fille qui n’a pas de shampooing (pardon…) A peine le temps pour moi de me pencher vers l’un d’eux et de lui demander de faire attention à ma copine à qui il donne des coups de coude, celui-ci m’assène un « connard » et m’envoie un grand coup de tête que j’évite partiellement. Scandale autour de nous dans la salle, et voilà mon Who Knows Who Cares totalement gâché. Difficile de rentrer de nouveau dans le concert sur le Sun Hands final, pourtant très réussi.

Local Natives

A la sortie, je ne pourrai m’empêcher d’avoir un petit goût d’inachevé, et la sensation d’avoir vu un très bon concert des Local Natives, sans l’excellence initialement espérée. Avis objectif ou orienté par l’incident des rappels ? Je ne saurai pas le dire.

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Site officiel : thelocalnatives.com

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