[Clip] [Exclusivité] Livia – Le blaireau riche

En ces temps de polémiques sur la place de la femme et la supériorité de l’homme, il est bon, parfois, de remettre certaines réalités assumées sur le devant de la scène. Bénissons donc Livia, poupée de porcelaine en apparence fragile, qui offre au sexe dit faible l’opportunité de dévoiler une facette à la fois drôle et jouant des clichés d’une très, très mauvaise habitude.

Combien de fois avons-nous entendu l’expression « Trouve-toi un mari plein aux as et garde-le précieusement ! » Les clichés ont la peau dure, de nos jours ; beaucoup plus que ce que l’on pourrait croire, à en juger par toutes ces affaires glauques et tendancieuses dont nous gavent les médias. Heureusement, il arrive parfois que la forme, légère et honnête, donne au fond une toute autre valeur, beaucoup plus marquante que les plus sordides des détails. Livia, elle, a décidé, le temps d’une chanson, de partager sa vie avec « Le blaireau riche » ; cet homme à qui tout réussit et qui a, devant les yeux, la plus belle femme de la Terre mais ne voit finalement rien. Elle en use et en abuse, sincère et sans scrupule, pour notre plus grand bonheur !

Le court-métrage de Vicente Sahuc, riche de mille idées visuelles aussi ironiques que flamboyantes, tout en jouant des scènes ordinaires et banales afin de mieux les embellir et renforcer, ainsi, le discours de la compositrice, s’attarde sur les apparences, les formes et les images d’Épinal d’une séductrice dont la proie reste aveugle à la façon dont elle lui suce le sang, un peu plus, chaque jour. « Je vis avec un homme en plastique que je garde juste pour ma survie » ; là où certains verront un discours un peu trop irrévérencieux, d’autres liront, dans la musique sensuelle et folle de Livia, dans ses mots choisis et avec lesquels elle jongle et nous manipule à sa guise, la mise en lumière mélodique et visuelle d’un syndrome on ne peut plus commun, sans aucune nymphomanie mais, au contraire, avec l’étonnante inversion des rôles. Car la question qui se pose, finalement, est la suivante : qui est l’objet ? La marionnette n’est certainement pas celle qu’on pense. De ce fait, les personnages se parent de costumes et d’attitudes certes colorés, mais ne tombant jamais dans le ridicule, faisant ainsi passer un message aussi réaliste qu’incorrect en toute subtilité ; les ombres sont la vérité, tandis que le quotidien n’est qu’une simple façade. Tout se joue en arrière-plan, dans la suggestion des formes et des danses. En tout cas, et en attendant le disque prévu pour le 30 novembre prochain, soyez prévenus ; devant une si agréable et vibrante fantaisie, toute résistance est inutile !


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