[Live] L’Impératrice au Badaboum

Qui est L’Impératrice ? Lors de notre dernière chronique de son album « Sonate Pacifique » sorti en septembre 2014, une investigation sur la Toile nous apprenait que derrière le projet se cachait un certain Charles de Boisseguin. On songeait alors à une symphonie pop pensée à l’échelle individuelle faisant appel à une pléiade de musiciens pour se concrétiser. Ce vendredi, quand on a déboulé au Badaboum et vu le groupe, cette intuition s’est évaporée dans la nuit. L’Impératrice est sécable en cinq pilules d’amour.

crédit : Julie Savoye
crédit : Julie Savoye

Le public est celui d’une petite salle fidèle et pleinement envoûtée par l’impériale disco. En témoignent le tonnerre d’applaudissement pour l’annonce du morceau éponyme ou encore la multitude de déhanchés et de sourires entendus chez un public hédoniste. Aucune réplique au mot près des morceaux entendus sur album. L’œuvre reste précieuse, même si on pourrait être quelque peu déçu que le concert ne reste qu’instrumental – lors de certains shows, le chanteur d’Isaac Delusion, Loïc Fleury, venait faire une apparition. Mais pour une fois, la chose est justifiée : l’Impératrice est délibérément instrumentale. Elle est une musique essentielle. On dira que le lot de consolation est à la hauteur de nos espérances : des soli qui perchent la foule haut dans le monde impérial. Aucun instrument ne fait ici de figuration ; chacun, par sa solidité – belle découverte que la technique du bassiste – permet au quintette de s’imposer dans une exquise subtilité.

On continue le trip instrumental avec « Naufrage en Adriatique », qui met en scène l’élaboration de la musique en direct. C’est certes le principe du live, mais il prend ici toute sa saveur en nous faisant comprendre la logique de cette musique énigmatique. Transportés par Moog et Roland, alias les vibrants synthés, nous nous dirigeons tranquillement vers « The Chaser », morceau exclusivement joué en live. La subtilité reste de mise et ne se laisse point corrompre : l’Impératrice reste pure du début à la fin. Ils se cherchent encore et encore et se trouvent sur des cordes funky qui pallient des claviers aériens et planants.

crédit : Julie Savoye
crédit : Julie Savoye

Osmose des sens jusqu’à parvenir au dernier morceau, l’avant-dernier en fait puisque les vœux de rappel de la foule seront exaucés. C’est là que se pose un chœur, c’est là que la musique devient microcosme. On aimerait voir pour de vrai les chanteuses au milieu de ces lumières aux accents bleus et rouges. On rêve de la sensualité qu’elles dégageraient, de la place qu’elles prendraient au cœur de ce medley disco-électro-funky.

crédit : Julie Savoye
crédit : Julie Savoye

Alors oui, allez-y et plutôt deux fois qu’une ! Si vous aimez leur musique en studio, sachez qu’elle est tout simplement sublimée en live. C’est la deuxième fois qu’on les voit par ici et c’est toujours aussi bien. Surtout que, pour l’instant, l’Impératrice est dans de petites salles ; mais l’avenir qu’elle se réserve fait que, comme toutes les bonnes choses, cela ne va pas durer. Et l’ambiance de ces petites salles est parfaite pour cette musique ; c’est son élément.


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