[LP] LIFE – A Picture of Good Health

Le quatuor infernal LIFE débarque d’Angleterre avec son deuxième opus, « A Picture of Good Health, » cousu dans des corps enragés, pour un périple à travers un paysage hydraté au punk dont on ne ressort pas indemne. Si leur premier album « Popular Music », paru en 2017, s’apparentait à un puzzle de morceaux bruts habilement rafistolés entre eux, cette fois-ci, les trois mecs et leur nouvelle bassiste se sont enfermés en studio durant quatre semaines intenses pour donner naissance à leur petit dernier, indubitablement révolté et insolent, bichonné aux riffs hyperactifs. 

crédit : Bobby Beasley

Le punk de LIFE est celui des écorchés vifs, quand la peau rongée rougeoie mais qu’on ne la panse qu’en augmentant le volume, encore un peu plus fort. Si leurs airs sont imbibés des Clash ou des confrères IDLES et Slaves, ces récents morceaux n’échappent pas non plus au boomerang post-punk (« Niceties », « It’s a con »). Toutefois, le nouvel opus de LIFE n’est pas seulement un défouloir qui retourne d’une poigne et décrasse bien les oreilles ; c’est une sincère déclaration de dégoût à la société moderne. Déjà, sur scène, ces Anglais ultra nerveux s’attaquent ouvertement à Trump et au Brexit. À l’effigie de son titre ironique, qui voudrait qu’on sourit bêtement pour dire que tout va bien dans un monde nécrosé, « A Picture of Good Health » ose traduire le tourment d’un déraillement interne (« Moral Fibre », « Thoughts »). Sous pression et dépouillé, le cœur de l’album bat aussi autour de la paternité, ici douloureusement déchirée par une récente séparation. Le refrain bourré de regrets de « Half Pint Fatherhood » décompose les riffs délicieux qui ouvrent le morceau, non sans rappeler Joy Division, brossant le retour violent à la solitude après une vie de famille vouée à l’échec.

A partir des maux, LIFE cherche par tous les accords à décrire ces allers-retours vertigineux entre un trop vide et un trop plein. Titres incandescents, « Bum Hour » et « Excites Me » révèlent un individu doté d’une conscience aiguë du monde, d’une hypersensibilité définitivement impossible à refouler, tout en agissant de mille chemins pour essayer de devenir quelqu’un. S’il est empreint d’une indéniable noirceur, le disqye s’échine à utiliser ses mélodies animales, accrocheuses et indisciplinées, pour trouver un moyen de survivre sous l’espoir surgissant (« Don’t Give Up Yet », « New Rose in Love »).

crédit : Stew Baxter

« A Picture of Good Health » de LIFE, disponible depuis le 20 septembre 2019 chez Afghan Moon / [PIAS].


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