[Live] Lianne La Havas et Roseau à l’Aéronef

La soirée commence par une petite surprise. Le concert de Lianne La Havas qu’on imaginait au club a été transféré dans la grande salle dans une configuration pour environ 500 personnes. Visiblement le public avait gardé en mémoire les beaux et émouvants concerts donnés par deux fois à Tourcoing en 2013.

Lianne La Havas © David Tabary

En première partie nous découvrons Roseau, dont Lianne La Havas nous dira plus tard que c’est une bonne amie à elle. En tous cas, sur scène on a l’impression de voir une sorte de Lianne La Havas qui aurait ajouté une bonne dose de claviers à sa musique. En effet, dans une veine plus trip-hop ou électro, Roseau et sa voix cristalline débute à merveille le travail d’hypnose que n’aura de cesse de parachever Lianne La Havas.

Lors du changement de plateau, on constate qu’il y aura du monde sur scène aux côtés de Lianne La Havas, sans compter l’énorme bouquet d’oiseaux de paradis installé en fond de scène (dont une fleur est accrochée au pied de micro de la chanteuse). Manifestement, la belle Anglaise (née d’un père grec et d’une mère jamaïcaine) a gagné en confiance et est venue faire le show. Aussi, lorsqu’elle entre en scène avec quatre musiciens et une choriste, on imagine le concert partir sur un rythme soutenu, à l’image de certains titres de son dernier album, « Blood ».

Pourtant il n’en est rien. Le concert débute sur un « Green and Gold » sensiblement ralenti, plus suave et plus soul. La première grosse surprise du concert vient dès le troisième titre lorsque Lianne La Havas propose une version de « Au Cinéma » au sein de laquelle elle a intégré à la perfection une reprise de « Happy » de Pharrell Williams.

C’est sur l’enchaînement de « Wonderful », « Ghost » et « No Room For Doubt », titre joué seule en scène après avoir gratifié le public d’un « Lille, it’s just you and me now » que l’on commence à prendre conscience de ce qu’est en train de faire Lianne La Havas. Elle est tout simplement en train de nous envoûter telle une sirène. Chaque orchestration, chaque manière de revisiter ou ralentir certains morceaux est faite pour donner toute la place à sa voix, à ses intonations et inflexions, à l’image de fantastique travail de production sur son dernier album.

La personnalité de la jeune femme achève le travail : toujours souriante, un peu timide, elle murmure à peine à ceux qui ne le sauraient pas qu’elle a un deuxième album maintenant, ou s’amuse à changer les paroles de son titre « Age » (la première chanson qu’elle ait écrit) de « I fancy younger men » à « I only fancy french men ».
Dès lors, la chanteuse anglaise peut dérouler, et enfin lâcher quelques riffs de guitare qu’on n’imaginait plus venir, notamment sur un « Grow » très réussi où elle demandera le renfort du public pour scander avec elle « Turn up the love, turn up the love ! », ou encore sur l’électrisé « Never Get Enough ».

Il lui restera à souffler une dernière fois le froid avec un magnifique duo piano-voix sur « Gone » (« this is my last goodbye » disent les paroles) et le chaud avec un « Forget » ultra rock et dansant. Elle ne pourra toutefois s’empêcher de promettre de revenir (ce n’était donc pas un dernier au revoir) et fera allusion aux attentats de Paris en remerciant le public d’être venu en des temps où nous avons plus que jamais besoin de partager de la musique ensemble. Merci Lianne.


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