[Clip] [Exclusivité] Léonard – Brumaire

Rencontre poétique et rêveuse de l’art musical, de la cinématographie et de la plasticité visuelle, « Brumaire » est une histoire digne d’un conte éphémère mais marquant le spectateur à vie, grâce à la rencontre de créateurs passionnés et ouverts d’esprit, unis pour créer une pièce anthologique et inoubliable.

Léonard, c’est avant tout une parole, une source vive de lyrisme et de réalisme dans des écrins musicaux soignés et sensibles. Ainsi, lorsque le duo a évoqué son désir de s’allier à la plasticienne Marie Hendriks pour donner vie à « Brumaire », notre curiosité s’est immédiatement éveillée, impatiente et désireuse de plonger dans ce qui s’apprêtait à devenir une œuvre complète, intègre et scrupuleuse. Autant dire que nous étions loin du compte ; en effet, le résultat, exceptionnel en tous points, est un éveil sensoriel qui imprime la rétine et fait vibrer nos esprits en alerte, chaque plan, chaque mot, chaque mélodie et arrangement pénétrant le tourbillon créatif dans lequel nous sommes inexorablement attirés. En ces terres automnales, Léonard nous convie à un voyage dont on ne se remettra jamais totalement, tant celui-ci inspire de pensées à la fois interrogatives et intimes.

La blancheur, innocente et immaculée, nous introduit autant à un face-à-face entre l’innocence et le masque que chacun de nous doit porter pour exister, quitte à se perdre dans des décors labyrinthiques, dans un lieu hors du temps. Puis, la vision se trouble, les mimes se perdent dans leur propre jeu ; un brouillard surnaturel, des éclats lumineux, une ambiance aussi mystérieuse que fascinante s’emparent de l’espace, les tordent et les étendent en éloignant leurs frontières rassurantes. « Je blêmis, je flanche, puis je recommence, je me mens » ; ces mots, illustrés lors d’une chorégraphie entre l’enfance et l’âge adulte, résonnent comme la confession d’une perte, d’un sacrifice de l’humanité qui étouffe l’individualité. À partir de là, tout change et se bouscule, l’air pénètre l’enceinte du tourment, l’eau – dans le cadre vierge et surnaturel des jardins de Drulon – purifie une Ophélie sur le point de ressusciter malgré le don d’elle-même. Chargée de symboles et de frissons cathartiques, la réalisation de Marie Hendriks s’unit au verbe sublime de vérité et d’intensité de Léonard, à cette montée vers les retrouvailles et la renaissance. Une boîte à musique parfaite, et que l’on se doit de protéger, coûte que coûte.


Retrouvez Léonard sur :
Site officielFacebookTwitter

Partager cet article avec un ami