[Live] Las Aves et Ana Zimmer aux Étoiles

Le 21 septembre dernier, Las Aves se produisait aux Étoiles de Paris et nous en avons profité pour nous émerveiller de ses compositions impeccables sorties de son premier album, « Die In Shanghai ».

crédit : Florian Duboé
crédit : Florian Duboé

Voyez-vous, il existe des chansons instantanées. Celles qui procurent les mêmes sensations qu’un dessin griffonné dans le haut de la marge d’un carnet. Dès que vous enfoncez vos écouteurs dans vos oreilles et que vous rabattez votre capuche sur votre tête, cette chanson vous coupe instantanément du chaos ambiant, de l’odeur des couloirs du métro et des bruyants passagers du bus. Vous n’avez pas besoin d’augmenter le volume au maximum. Cette chanson a le pouvoir de vous extraire du réel. Vous devenez invisible, votre corps continue d’avancer dans la réalité, mais votre esprit entre en vous-même. Vous ne vous aventurez pas dans un autre espace-temps, vous vous évadez : cette chanson est votre gyana-chakshu, votre troisième œil, l’œil intérieur. Grâce à lui, vous vous scrutez, vous réfléchissez, vous dansez intérieurement, vous rappez, vous vous révoltez, vous vous apaisez.  « N.E.M » est une chanson instantanée. Toutes les chansons de Las Aves sont instantanées.

La calme et rayonnante Ana Zimmer ouvre cette soirée. Seule sur scène, la voix feutrée de cette jeune Parisienne nous berce et nous emmène voir Paris la nuit : la petite scène prend des allures de club enfumé. La simplicité des compositions est troublante, la voix langoureuse et traînante d’Ana Zimmer se saccade, se crispe parfois sur les refrains nous évoquant  Lana Del Rey, Abra voire Yanis. Plus le concert avance, plus son aura gagne en puissance. Néanmoins la salle est trop étroite, le son semble étouffé. Un concert plus tardif, plus tamisé dans un plus grand espace aurait sans doute permis à l’électro-pop d’Ana Zimmer d’imposer sa brumeuse et sublime noblesse.

Après un long entracte, les spots faiblissent, la salle s’éteint et les lourdes basses de « Gasoline » résonnent. Le premier couplet ténébreux s’oppose au refrain aérien, lumineux. La plupart des titres de Las Aves sont en demi-teintes, y sont sertis de stupéfiants et inattendus refrains. Le morceau s’achève par de longues boucles dans lesquelles nous nous perdons délicieusement et la réaction du public est spontanée et dithyrambique. Les guitares prennent des allures de claviers, « Los Angeles » introduit de délicates sonorités orientales tandis que « N.E.M » sonne plus urbain que jamais.

crédit : Florian Duboé
crédit : Florian Duboé

Ce titre est frappant tant il est parfait : il est synthétique, précis, la voix de Géraldine Baux est vive, la batterie monte en puissance petit à petit et crée une ambiance étouffante et pailletée. Le groupe dégage une incroyable énergie rock, peut-être une trace de The Dodoz (ancienne formation des musiciens), et offre au public un nouveau morceau. La foule se déchaîne sur l’acidulé et hypnotisant « Perfect Mess » puis sur le surprenant mais irrésistible « Lioness ». Le concert prend fin sur l’envoûtant « Leo » durant lequel les bras se lèvent et se balancent de façon éthérée… Le quatuor toulousain caresse ce soir les étoiles.


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