Lanterns On The Lake – Until The Colours Run

Lanterns On The Lake décuple sa portée musicale avec « Until The Colours Run ». Une violente mélancolie, entre fond et forme.

On doit forcément puiser au bon endroit. Si l’inspiration ne vient pas dans votre entourage, octroyez-vous une excursion dans les plus beaux paysages que l’Angleterre puisse offrir. À défaut de pouvoir traverser la Manche, Lanterns on the Lake sera votre congé poétique, votre échappée loin des phases terrestres et rationnelles.

Lanterns On The Lake - Until The Colours Run

Leur premier album « Gracious Tide, Take Me Home » avait réveillé chez eux une grâce innée de la composition lyrique sous les paroles philosophiques de Hazel Wilde qui s’insurgeait, auprès de ses cinq autres compagnons, en déesse prolifique. Heureusement, ce second opus est le témoignage d’une grandeur d’âme que « Gracious Tide… » avait fermé à double tour. Le folk électro-acoustique de leur début, épuré et minimaliste, évolue maintenant vers des sonorités plus massives et dynamiques. Jouant sur la vague post-rock symphonique, LOTH préfère voler dans les cieux torturés d’Explosions In The Sky que de stagner dans l’électro tristement étriqué d’Azure Ray ou Cocorosie. Grand écart maîtrisé, cette évolution des genres confirme le talent quasi indéniable de ces dandys. Ce qu’on regrettera peut-être, c’est l’éclectisme instrumental et le mélange vocal féminin/masculin de « Gracious Tide… » ; bien que les cordes frottées de Sarah Kemp soient toujours là, en bonne piqure de rappel.

Dépouillé, mais organisé, « Until The Colours Run » se veut bipolaire dans sa construction. Il pourra délivrer par moments des états anxiogènes et introvertis, tout comme, d’une minute à l’autre, être débordant de vie, confiant et audacieux. Une ambivalence proche du contexte socio-économique de leur nord-est natal. Dans « Another Tale From Another English Town », Wilde chante “It’s getting hard to breathe ‘round here / to think ‘round here / and we’ve been sold a thousand lies this year / we just want the quiet life”.

Une référence à l’étouffement des communautés par le parti conservateur qui continue à dénigrer sa belle campagne et ses banlieues, les jugeant de « désolées » et « fraîches pour la fracturation ». Mais une dimension nostalgique s’ajoute à cet élargissement. Évidente dans le clip vidéo, elle dépeint l’innocence et la naïveté de l’enfance comme pour mettre un voile sur tous ces débordements conjoncturels. Autrement dit, ce sera pour faire passer la pilule.

Lanterns On The Lake

Autant dire que Lanters On The Lake voit les choses en grand, et c’est tant mieux. On souhaitera une seule chose, que leurs lanternes brillent encore et toujours plus fort.

« Until The Colours Run » de Lanterns On The Lake est sorti le 7 octobre 2013 chez Bella Union.

facebook.com/LanternsOnTheLake
lanternsonthelake.com

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