En s’attaquant à une reprise surprenante et magnifiquement réappropriée, La Vague nous offre une session aussi belle que révélatrice du potentiel en apparence inépuisable d’un projet que l’on ne cesse d’aimer, tant et plus.

Certains d’entre vous se souviendront certainement d’un dénommé Haddaway, star éphémère – comme beaucoup – des années 90 et de la grande époque de la dance music avec son entêtant et énergique « What is Love » ; et il faut bien admettre, vingt-cinq ans plus tard, que le titre avait ce petit quelque chose d’unique, entre le timbre de voix d’un artiste semblant s’être égaré dans les méandres des machine au lieu d’épouser la cause blues (qui lui aurait fort bien convenu) et ce riff de synthé souvent imité mais jamais égalé. Dès lors, apprendre que La Vague, dont l’époustouflant « Serotonin » ne cesse de nous poursuivre jour après jour, depuis sa découverte, allait s’attaquer à ce monument de la culture populaire de la fin du XXe siècle nous titillait et nous intriguait, tant la rencontre de ces deux générations pouvait offrir un moment unique. Et c’est bien de cela qu’il s’agit, voire davantage ; car la session live que nous pouvons admirer ici semble émaner d’un vaisseau extraterrestre où le temps et l’espace seraient étirés et au ralenti, entre sensualité et phosphorescence.
C’est un déferlement d’émotions tendres et caressantes qui nous parcourt face à ces minutes intimes, filmées au plus près des musiciens par Sandra Loterstein au Castel, à Paris ; la réalisation est ample et paraît fascinée par le spectacle qu’elle se doit de transmettre, la présence magnétique de La Vague et Louis G. stoppant net toute action et nous installant comme en apesanteur face à des délices cinématographiques et musicaux qui n’ont pas fini de nous hanter. L’électricité de la chanson originelle se mue ici en merveille trip-hop où claviers, guitare et voix dialoguent dans une osmose idéale et parfaite. Tant et si bien qu’il est impossible de savoir, tout au long de cet hallucinant périple, si nous sommes encore maîtres de nos consciences. Une cover osée, certes, mais terriblement attirante et émouvante.
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