Pour le deuxième soir de sa 25e édition, la Nuit de l’Erdre a frappé fort. Après une première journée de festivités la veille avec Sting, ce vendredi 4 juillet 2025 a offert une programmation éclectique et généreuse aux 25000 festivaliers, confirmant le statut de rendez-vous incontournable du festival de Nort-sur-Erdre. Entre communion pop, confessions soul et déflagrations électroniques, indiemusic vous fait revivre les temps forts de cette nuit mémorable.
Luiza
C’est à Luiza qu’est revenue la mission de lancer les hostilités en ce début de soirée, et elle l’a fait avec une vague de chaleur et de rythmes chaloupés venue tout droit du Brésil. Accompagnée d’un trompettiste et d’un saxophoniste en parfait accord vestimentaire, la chanteuse franco-brésilienne a déroulé une proposition musicale douce et envoûtante, naviguant avec aisance entre le français et le portugais. Sa pop, à mi-chemin entre bossa électronique et saudade, a rapidement trouvé son public. Portée par des titres de son EP Fantastik et des nouveautés comme le hit dub « Soleil Bleu », Luiza a offert un véritable métissage musical, passant d’un chant de marin brésilien à la puissance vocale quasi-björkienne à des mélodies andines. Généreuse et engagée, elle a livré une performance solaire qui a transporté un public déjà conquis.
Colt
Changement de plateau avec l’énergie pop de Colt. Sur scène, le duo belge formé par Coline Debry et Antoine Jorissen s’entoure de trois autres musiciens pour défendre une chanson pop française qui lorgne sans complexe vers la pop internationale de MØ ou Billie Eilish. Vêtue d’une tenue de cowgirl fashion, la chanteuse s’est donnée sans compter, haranguant la foule pour la faire danser et chanter. Dans les premiers rangs, les fans connaissaient déjà par cœur les titres du premier album, comme « Saveur cœur abîmé » ou « Désolée ». Une performance volontaire et énergique qui a particulièrement trouvé écho auprès de la jeune génération, prête à se raccrocher à ces hymnes sentimentaux.
Ben Mazué
Avec Ben Mazué, la Nuit de l’Erdre se mue en une confession musicale à cœur ouvert. Débarquant sur scène au son de « J’arrive » au milieu d’un décor de plantes luxuriantes, le chanteur a déroulé le fil de ses 15 ans de carrière avec une générosité touchante. Offrant une rétrospective chronologique, il a partagé des moments suspendus, comme son duo virtuel avec Pomme sur « J’attends », ou une version gospel poignante de « 10 ans de nous ». Parlant sans fard de ses doutes et de ses ruptures, il a su transformer la mélancolie en une célébration de la vie, parfaitement accompagné par ses musiciens, dont son complice de toujours Guillaume Poncelet. Prêt à tout donner, jusqu’à se blesser les genoux sur une glissade mal contrôlée sur le proscenium ou s’offrir un bain de foule, Ben Mazué a livré un spectacle total, mêlant émotion, partage et défoulement.
Julien Doré
Avec Julien Doré, l’évènement nortais se transforme en un show spectaculaire et millimétré. Véritable bête de scène, le playboy occitan a enchaîné ses tubes (« Paris-Seychelles », « Le Lac », « Coco Câline ») devant un public qui connaissait chaque parole sur le bout des lèvres. Tout de blanc vêtu, tranchant avec ses Louboutins noires sur une scène scintillante, l’artiste a livré une performance éblouissante, marquée par l’arrivée d’un panda en scooter, des jets de fumigènes et des flammes géantes. Son album de reprises Imposteur a été mis à l’honneur avec des reprises jouissives de « Femme Like U » et des « Démons de minuit ». Le showman a prouvé qu’il savait créer une communion intergénérationnelle, achevant son set dans une fête immense où des crocodiles gonflables ont surfé sur la foule en délire.
Foster The People
Ambiance radicalement différente pour la suite avec l’électro-pop psychédélique des Californiens de Foster The People. Pour leur première date en France depuis sept ans, les Américains ont livré un set électrique et hypnotique. Entrant sur scène dans une lumière rouge, le chanteur Mark Foster, mystérieux derrière ses lunettes pailletées, a guidé le public avec sa voix aiguë et ses mouvements habités, s’offrant même un moonwalk. Le premier album culte Torches a été largement célébré avec des titres comme « Pumped Up Kicks », repris en chœur par la foule, ou « Don’t Stop (Color on the Walls) ». Devant un fond d’écran pixelisé, synthwave ou psychédélique au choix, le groupe a offert une performance fédératrice, juste avant qu’un feu d’artifice ne vienne célébrer en beauté les 25 ans du festival.
L’Impératrice
L’Impératrice a ensuite pris possession de la scène pour un voyage disco-funk irrésistible. Le groupe présentait une nouveauté de taille : la présence de la chanteuse Louve, qui remplace désormais Flore Benguigui. Fidèle à son esthétique french touch, le sextet a offert un spectacle visuel et sonore impeccable, entre tenues lumineuses et scénographie léchée. Portés par des paillettes et des stroboscopes, les Parisiens ont enchaîné leurs meilleurs titres, de « Peur des filles » à « Agitations tropicales », culminant sur un « Me Da Igual » au groove sensuel et à la technique irréprochable. Une démonstration de classe et d’efficacité.
Polo & Pan
Pour clore notre soirée, le tandem parisien Polo & Pan nous a invités à un décollage immédiat. Installés dans leur console aux allures de vaisseau spatial, Armand-Delille et Alexandre Grynszpan ont transporté le public sur une planète lointaine, entre flûte de Pan cosmique et éclairages disco. C’est sur les notes berçantes de « Canopée » et « Ani Kuni » que nous avons quitté le site du festival, la tête encore dans les étoiles de cette 25e édition plus que réussie.
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