[LP] La Femme – Mystère

Après un premier album très prometteur, « Psycho Tropical Berlin », paru en 2013, La Femme revient avec une proposition éclectique plus assumée, propice peut-être à se tailler la part du lion dans le rock francophone. Où nous a menés cette écoute ? « Mystère ».

La Femme - Mystère

Pendant et après une interminable tournée à travers le monde, la bande de Marlon, Sacha et Clémence a pris à bras le corps l’épineuse entreprise du second album. Le sextette biarrot-parisien en revient avec seize pistes, aisément séparables en deux segments : une première partie très attractive dont les titres feront date sans nul doute et une autre plus expérimentale. En choisissant d’ouvrir son album sur le mystique et psychédélique « Sphynx », La Femme impose d’emblée une tension électronique vive, alors que la production de « Mystère » apparaît elle-même plus sérieuse, mature et mieux écrite que son prédécesseur. La confirmation arrive très vite avec « Le vide est ton nouveau prénom » puis « Où va le monde ? », où pour la première fois, le groupe traite de sujets avec une certaine gravité, faisant notamment référence aux relations conflictuelles apparues lors des voyages… Fort heureusement, d’autres compositions viennent calmer le jeu, à l’instar de la comptine délicieusement nostalgique « Septembre », à l’interprétation juvénile.

Point fort de ce nouvel opus, les pistes défilent sans se ressembler. Ainsi, le rock fougueux et yéyé de « Tatiana » enclenche la folle déambulation nocturne dans Paris sur « S.S.D. », mené avec ivresse par les gais lurons Marlon et Sacha. L’idée du trip (parfois sous acides) apparaît alors évidente, comme une constante à chaque recoin des arrangements et des textes de ce drôle de « Mystère ». Comme sorti des tréfonds de la conscience collective du groupe, le spleen d’« Elle ne t’aime pas » se fait absolument obsédant et ne parlons même pas d’« Exorciseur », morceau transcendant et sensuel aux traits gainsbouriens où nos acolytes s’essaient même au rap. « Le tueur de fleurs » et « Vagues » nous isolent quant à eux carrément dans un autre espace-temps… Et que dire des paroles déjà cultes de « Mycose » : « J’ai une mycose / Voilà qu’elle se réveille j’en ai marre / Ca fait déjà un moment qu’elle est là / Va-t’en je t’en prie mycose tu m’agaces ».

Entre le défi et l’impertinence, – certains parleront même de dadaïsme -, plus rien n’arrête La Femme. Les doubles sens et les malins sous-entendus, parfois manifestement involontaires, pleuvent au cœur de cette odyssée musicale bizarroïde, parfaitement lévitée jusque dans sa somptueuse séquence orientale sur « Al Warda », « Psyzook » ou encore « Le Chemin ». Et nous ne manquerons surtout pas de souligner la présence d’invitées de choix : Clara Luciani, Jane Peynot, Sarah Ben Abdallah ou encore Grazie Hertzel. Comme une évidence pour un tel patronyme ! Restera enfin à découvrir, pour les plus patients d’entre nous, une dernière surprise bien dissimulée ; « Always on the Sun », clin d’œil aux passions surf et électroniques de ces épicuriens contemporains always on the road.

La Femme

« Mystère » de La Femme, sortie le 2 septembre 2016 chez Barclay.


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