[Entourage #117] Korin F.

Derrière le nom étrange de Korin F., s’activent la créativité surréaliste de deux complices Pierre Thomassian et Maxime Grayt. Le premier est musicien, le second est cinéaste. Leur envie commune :  créer un univers parallèle total et très personnel, qui combine dans une globalité créative, un chemin esthétique musical pavé de musiques électroniques et de pop à une vision cinématographique très forte et extrêmement référencée. Depuis quelques mois, le duo construit petit à petit le storytelling de son premier album « L’Arbre Exponentiel » prévu pour le mois de juin prochain. Si « Le bruit des plantes dans le béton », premier single, avait entraîné notre imaginaire sur  la piste de la science-fiction d’anticipation, aussi bien dans l’image, le son et le texte, aujourd’hui, c’est une authentique plongée rétro futuriste, robotique et extatique que déploie « Les Visages Éphémères », véritable bain de jouvence hédoniste et discoïde digne de Giorgio Moroder. Alors que les plus célèbres robots de l’ère moderne ont raccroché leurs casques depuis quelques semaines, Korin F. pourrait certainement prétendre sur la base de ce seul titre à leur succession, et enflammer dans quelques mois les dancefloors de la planète. Ainsi afin de mieux connecter à l’environnement créatif de ce groupe en pleine ascension cosmique et médiatique, indiemusic lui ouvre les portes d’une séance de confessions relationnelles généreuses et sans complexe, pour ce nouveau numéro d’Entourage, empreint de nostalgies festives et live.

crédit : Mickaël Burlot

Pyramid

Ça fait un bon moment qu’on se connaît avec Pyramid aka Étienne, c’est marrant parce qu’on l’a connu de manières totalement différentes tous les deux. Ça remonte au premier court métrage que Max a réalisé en 2013, « Birth From Ashes ». Étienne a confectionné toute la BO du film et son univers aérien collait parfaitement au mysticisme du film ! Du côté de Pierre, c’était quelques années après quand il est parti en vacances avec une bande de potes. Un heureux hasard ! En tout cas, Pyramid est un super producteur avec une identité très reconnaissable, un univers hyper planant et très ouvert sur le cosmos. En parlant d’univers spatial, il a d’ailleurs fait son dernier EP « Atmosphere » en collaboration avec le projet Ariane (oui oui, les fusées !).


Grande Rousse Disques

Aux  commandes du label de la Grande Rousse, il y a Gautier Somborn, un sacré bonhomme ! On l’a rencontré quand on commençait à faire les premiers lives avec Korin F. et il nous avait invité au Pop In à Paris pour faire un plateau avec Air! Capitaine et Doctor K. C’était le feu cette soirée ! À ce moment-là, le Pop In faisait des travaux dans la salle de concert et on avait dû jouer dans la salle principale où il y avait le bar normalement. C’était folklorique, le son, les enceintes qui se décrochaient et que le public devait retenir pour éviter qu’elles ne tombent, la chaleur torride des corps serrés et frénétiques ! Il y avait beaucoup de monde dans ce petit espace, mais qu’est-ce que c’était bon, tout le monde dansait comme si c’était la fin du monde ! Quand on voit ce qu’il se passe aujourd’hui, on se dit que c’était pas loin d’être une prémonition. En tout cas, autour de Gauthier, ce sont des personnes solides, les derniers projets sortis sont ceux de Moutarde & Miel et Rivière de Corps, des musiques sombres et pop au cœur lourd !



Amsem Records

On a une longue histoire d’amitié avec l’équipe de ce label ! Ensthal et Joe Lewandowski sont des amis d’enfance de Pierre et on s’est tous lancés en même temps sur les logiciels de composition quand on était encore au collège, un peu mous et boutonneux. Depuis, l’acné a disparu, mais on a continué à se partager nos découvertes de synthétiseurs, de plug-ins ou nos astuces de production ; cette amitié a toujours été un moteur central dans notre passion. Aymar (aka Marc-Antoine Rousseau) est une des têtes pensantes d’Amsem et il est devenu un super pote à force de se voir aux teufs ; il nous a aussi apporté plein de bons conseils et du recul quand on a commencé à réfléchir à la sortie de notre album « L’Arbre Exponentiel ». En attendant d’avoir le droit de faire la fête, on vous conseille de vous jeter de toutes vos forces sur le dernier EP de Joe Lewandowski.


Club Célest

Céline était déjà dans notre entourage musical depuis quelque temps, notamment grâce à une collaboration avec notre pote Ensthal. C’est un énorme hasard qui a fait qu’elle fasse partie des deux groupes que notre manager Mickaël Burlot a pris sous son aile. Club Célest, c’est avant tout une superbe voix, elle a déjà sorti ses deux premiers singles, et préparez-vous, parce qu’il y a du lourd qui arrive !


Fast Friends

Signé comme nous chez Les Disques Pavillon, le groupe Fast Friends développe un univers très différent du nôtre, entre Kevin Morby et The War on Drugs. Ils viennent de sortir leur album « Domestic Eyes » et c’est un petit bonbon, tout doux et sucré. On a rencontré Jim et Julien par le label et on a notamment fait les Bars en Trans à Rennes ensemble en 2019. C’est vrai qu’avec tout ce qu’il s’est passé cette année, ça donne l’impression que c’était il y a plus de 300 000 ans, dans une galaxie lointaine… Bref, leur musique est belle et douce, comme eux, et on a plein d’amour pour ce projet !


Après plusieurs écoutes pouvant virer à l’obsession (attention vous êtes prévenus), « Les Visages Éphémères » s’élève plus haut que la simple nostalgie, que le simple statut d’un hit dansant et aérien pour boîtes de nuit, sans jugement de valeur d’ailleurs, tant ces lieux apparaissent depuis leurs fermetures comme le véhicule d’une certaine délivrance, que symbolisait parfaitement d’ailleurs l’esprit disco originel. Mais voilà ; au-delà du rythme cyclique et entraînant ; au-delà des nappes envoûtantes de synthés cosmiques s’évade un doux parfum de rêve et de mélancolie. En seulement trois minutes et cinquante secondes, Korin F. rivalise ainsi, avec grâce, avec l’agilité sensible et mélodique d’Octave Noire (référence héroïque et évidente de ces dernières années en matière de pop électronique classieuse), empruntant comme le pensionnaire du label Yotanka, le chemin d’un minimalisme confondant de naïveté et de poésie. Loin de l’emphase de mauvais goût et de la surabondance sonore, le duo complice assume pleinement les partis-pris esthétiques qui sont les siens jusqu’à l’explosion finale et extatique à l’efficacité redoutable, où chacun, chacune pourrait se surprendre à chanter en chœur la gimmick éphémère et jouissive de ce morceau décidément complètement grisant.

« L’Arbre Exponentiel » de Korin F., sortie le 4 juin 2021 chez Les Disques Pavillon.


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