Pour vous aussi, l’art contemporain est un mystère tantôt insondable, tantôt proche du ridicule le plus édifiant ? Heureusement, Kläh Foo Teah est là pour vous en expliquer les tenants et les aboutissants, à sa manière. C’est fou comme les sujets les plus obscurs peuvent prendre sens en omettant trois syllabes…

Certains jurent que la FIAC est l’événement de l’année. D’autres se pâment de plaisir devant les colonnes de Buren ou la fontaine monumentale de Château-Chinon, prononçant alors des phrases susceptibles d’en expliquer la signification, mais qui finissent immanquablement par être aussi pathétiques que le sujet lui-même. L’auteur de ces lignes doit être profondément réactionnaire ; car ces exemples n’évoquent absolument rien en lui. Comme cet humoriste qui, lors d’une exposition, s’extasie devant un tableau et se lance dans des propos et élucubrations inutiles avant que le gardien ne lui dise qu’il est en train de regarder le consignes d’évacuation en cas d’incendie… Grand bien nous fasse, cependant : Kläh Foo Teah se sacrifie, dans son nouveau clip, pour nous apporter des éléments de réponses hautement enrichissants et culturels. Et, cet art-là, autant admettre qu’on le comprend et qu’on le vénère du début à la fin !
Le clip est une succession ininterrompue de symboles modernes devant inspirer le spectateur. Et celui-ci l’est, mais pas pour les mêmes raisons que les rats de galeries qui s’époumonent devant un empilage de conteneurs au Grand-Palais… En un plan-séquence de près de cinq minutes, le réalisateur, Benjamin Goncalves-Martins, expose toutes ses œuvres, qu’elles soient chorégraphiques, picturales, sculptées ou sous forme de « happenings » (Shia, si tu nous lis…). Au final, on éprouve un intérêt grandissant pour le burlesque qui se dévoile petit-à-petit devant nous, prenant sens grâce à la première phrase référentielle du court-métrage : « Ceci n’est pas un clip de Kläh Foo Teah ». Le rock « hautement borderline », comme il le définit lui-même sur son nouvel EP, du quintet lyonnais explose dans ces tentatives d’expressivité plastique, vaines mais pourtant prometteuses. Car « Les galeries d’art se démènent pour t’accueillir dans leurs locaux / Toutes tes croûtes, par centaines, seront achetées par des bobos » ; une vérité qui fait mal ? Non, pour nous, elle aurait plutôt tendance à soulager. Un délire psychotique qui s’achève en orgie ; mais pouvait-il en être autrement ? En tout cas, un grand merci à Kläh Foo Teah de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Le débat est ouvert !
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